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  • Blog Guillaume Bouzard

     Depuis dimanche (6 mai), Guillaume Bouzard commet un blog où il propose chaque jour un dessin lié à l'actualité. Contexte électoral oblige, c'est pour le moment 100 % politique ; mais vous allez me dire, avec un blog baptisé "Je veux travailler au Canard Enchaîné"... Un thème inhabituel pour cet auteur fantaisiste et provocateur, amoureux de la crétinerie sous toutes ses formes (s'il fallait n'en conseillez qu'un, au hasard, hop, lisez The Autobiography of a Mitroll).

    Image © Bouzard

     

  • Exposition Benjamin - Arludik

    Le très courru Benjamin s'expose à partir du 9 mai à la galerie Arludik.

    Cet artiste passé maître de la palette graphique est très apprécié pour ses illustrations hautes en mouvement et en couleurs, posant de belles jeunes filles dans des univers urbains. Il s'est fait remarqué notamment avec ses albums Remember, Orange et a participé au tome 2 du collectif Sky-Doll (Lacrima Christi Collection).

    Au programme de l'exposition, ses nouvelles toiles mais aussi le travail d'un collectif d'artistes chinois (Tuno, Nana, Han Fang) qu'il a repéré et qu'il souhaite faire connaître en Europe.

    Où ? Galerie Arludik, 12-14 rue St-louis en l'île, Paris (4ème arr.) - tél. 01 43 26 19 22
    Vernissage le mercredi 9 mai, à partir de 18h20, en présence de Benjamin.

    © Photo Benjamin

     

  • Salon de la BD de Nîmes - 12 et 13 mai

    La librairie La Bulle et l'association BD en Bulles organisent le 11ème salon Européen de la BD de Nîmes les 12 et 13 mai 2012
    sur le parvis des Arènes.

    Le président de cette édition sera Achdé (Lucky Luke, Kid Lucky), qui signe l'affiche.

    Parmi les auteurs invités : Munuera, Gibrat, Angleraud, Arleston, Aouamri, Willem, Salomone, Hugault, Vincent, Verron, Nesme, Pelet (Claude), Andreae, Bec, Meyer, Grenson, Torregrossa... Plus de 50 au total.

    Pour l'occasion, Romain Hugault (Le Pilote à l'edelweiss) dessinera sa deuxième litho (lithographie véritable à 60 ex. numérotée/signée) après celle de l'année dernière.

     

  • Quels héros de BD pour les candidats ?

     

     Le site Rue89 a eu l'idée de demander à 3 auteurs de BD (Philippe Bercovici -J’aurais voulu faire président-, Jean-Christophe Chauzy -La Vie secrète de Marine Le Pen- et Martin Vidberg - blog L’actu en patates, Le journal d'un remplaçant-) quel personnage de BD correspondrait à chacun des candidats à l'élection présidentielle.

    Une idée rigolote, et des réponses parfois bien vues ! C'est à voir ICI.

     

  • Affiches Disney revisitées

     

     

      

    Une petite curiosité qui circule en ce moment : Rowan Stocks-Moore, un artiste designer freelance, se plaît à re-créer des affiches de films et a notamment revisité quelques affiches des longs-métrages des studios Disney. Ce n'est certes pas de la BD, mais le résultat est vraiment chouette ! C'est à voir ICI.

      



    Image ci-contre © Rowan Stocks-Moore

     

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Interview : Lindingre - Vous marinez chez vos harengs ?

Double actualité chez Hugo et Compagnie pour Yan Lindingre en ce premier trimestre 2012. À "Travailler plus pour dépenser plus" ou le quotidien d’une famille « d’authentiques néo-ploucs », les Legroin, succède "Vous marinez chez vos harengs ?" paru en mars qui référence quelques-unes des « jolies expressions fleuries de notre belle langue française ».
Avec ses illustrations et son style reconnaissable de groin… de loin, Yan Lindingre fait toute la lumière sur des formules populaires aussi variées que « Se taper des courants d’air », « se taper la commode » ou encore « Manier le macaron ».

- Par Moun -

1) Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter et nous décrire votre parcours ?

Enfant, je suis rapidement passé de Tintin à Gotlib, de Gotlib à Reiser et de Reiser à Vuillemin. J'avais l'impression que ses BD étaient écrites pour moi.  J'ai grandi dans une ville du bassin minier lorrain : parti communiste, mélanges culturels, rock'n'roll, chômage, bistrot. J'ai fait des études aux Beaux Arts. Les profs me poussaient à faire du dessin d'humour. Mais je ne croyais pas du tout en moi. Alors j'ai fait toutes sortes de job avant de m'y mettre vraiment. Ça m'a permis de voir un peu le vrai monde avant de me coller définitivement à ma planche à dessin, il y a une bonne dizaine d'années.

2) Vous êtes entré dans le monde de la bande dessinée grâce à Albert Algoud (à l’époque patron de Fluide Glacial) alors que vous sembliez vous orienter vers le dessin de presse. L’occasion fait le larron ou était-ce un réel désir ?

Pour moi, l'humour c'était une idée = un dessin. Un peu comme Gary Larson [1]. Je me réveillais le matin et pondais un gag avec une vache, un cosmonaute ou un slip selon ce qui me passait par la tête. Albert comprenait mon travail. Simplement, un journal de BD exige de la BD. Publier des cartoons, OK. Mais au kilomètre, ça ne se fait pas, c'est compliqué à intégrer, à présenter dans les pages. J'ai donc investi le champ de la BD. Ça a été très difficile mais à l'époque, l'équipe de Fluide Glacial m'a permis d'apprendre mon métier tout en publiant. Un vrai luxe ! Ce que j'ai découvert grâce à cette contrainte, c'est que plus que scénariste, je me suis senti dialoguiste. C'est là que j'avais une facilité. La collaboration avec Larcenet sur Chez Francisque m'a vraiment fait mettre le pied à l'étrier et m'a ouvert les portes d'autres collaborations.

3) Pourquoi avoir voulu écrire pour les autres ?

J'écris plus vite que je ne dessine. Et je suis multiple. En tant que consommateur de littérature, BD, cinoche ou musique, je suis très éclectique. Par ailleurs, mon écriture graphique m'astreint à un certain type de récit (à cause de l'économie de décors notamment). Alors, travailler avec d'autres, ça me permet de proposer d'autres facettes de ma personnalité artistique. Ces collaborations m'ont fait évoluer, artistiquement et humainement. Mes personnages se sont complexifiés, ma lecture du monde est devenue un peu moins manichéenne.

4) Vous ne semblez pas avoir d’interdits lorsque vous travaillez seul. Les collaborations avec d’autres dessinateurs, même s’ils vous sont proches, impliquent-elles que vous soyez obligé de mettre de l’eau dans votre vin ?


C'est comme n'importe quel rapport social. On doit tenir compte de l'autre. Une collaboration, c'est comme un voyage. On se confronte à d'autres cultures, on tente de les comprendre afin d'établir la communication, l'échange. Sinon, il faut rester chez soi. Je voyage assez peu. Par contre, ce genre de travail avec Ju/CDM, Chauzy, Larcenet, Lefred Thouron, Jochen Gerner, Pourquié [2] ou encore des comédiens... me perme réellement de me déplacer dans le champ créatif et humain. Je suis curieux de l'autre. L'autre m'enrichit. Peut-être est-ce dû à mes origines multiples. Je reproduis ce mélange dans mon travail.

5) Vous déclariez il y a quelques temps que la BD pouvait être un bon support militant à condition d’être lu. Avez-vous l’impression aujourd’hui de militer efficacement ?

Je l'ai dit, mais je ne me sens pas réellement militant. Quand on milite, on revendique, on fixe des solutions. Moi, j'observe, je caricature et je laisse chaque lecteur interpréter ma proposition. C'est le principe de l'œuvre ouverte. Faire les questions et les réponses n'a pas d'intérêt. Je suis plutôt un type de gauche, très attaché à certaines valeurs, comme la laïcité ou le service public par exemple. Ce n'est pas pour cela que je vais faire de la BD pro-Hollande ou pro-Mélenchon. Ce serait ridicule. Un type comme Joe Sacco [3] est un auteur qui montre, qui dénonce peut-être. Mais ce n'est pas un militant. C'est ce qui fait toute la force de son travail.

6) Dans Vous marinez chez vos harengs ? vous répertoriez, je cite, « quelques jolies expressions fleuries de la langue française ». Sont-elles le fruit de recherches en solitaire ou le résultat d’une réflexion de groupe animée ?

Ce sont des expressions que l'éditeur a sélectionnées et je les ai illustrées. Ceci dit, l'argot fait partie de mon langage. J'aime Boudard, Audiard, et tant d'autres (je ne cite pas Céline), parce qu'ils inventent leur langue, notre langue. L'argot, c'est l'art de la métaphore. Et la métaphore, c'est l'art de mettre en image une pensée, fut-elle navrante. C'est la poésie à la portée des piliers de bistrot. La vraie démocratisation culturelle ! Un type qui envoie bien l'argomuche, son argot m'intéresse dix fois plus, quoi qu'il raconte, que n'importe quel poète de mes couilles de la playlist de France Inter.

7) Chacune d’elles est accompagnée d’une traduction beaucoup plus traditionnelle. En avez-vous eu besoin également ou tout a-t-il coulé de source à la première évocation ?

Allons allons, vous me prenez pour un cave ?

8) Bon nombre de ces formules et l’interprétation graphique que vous en faites sont un peu… brut de décoffrage. A contrario celle que vous avez choisie pour titre et pour couverture est pour le coup très sage. Vous avez eu peur d’effrayer le chaland et/ou les distributeurs ?

Il ne faut pas effaroucher le gentil lecteur ! C'est une technique marketing qui nous vient des États-Unis et qui a fait ses preuves : d'abord, on sonne à sa porte, on dit bonjour et ensuite seulement, on chie sur le paillasson.

9) Vous avez choisi un format de poche pour cette publication. Vous n’avez pas peur qu’il passe un peu inaperçu ?

Je n'ai peur de rien.

10) Envisagez-vous dans les mois qui viennent de sillonner la France en camping-car à la recherche de nouvelles expressions beaucoup plus régionales afin d’enrichir ce manuel ?

J'ai un bistrot dans ma tête rempli de petits personnages. Une vraie fabrique à expressions en service 24h/24h. Donc, je ne prends pas le risque de passer pour un gros blaireau au volant d'un camping-car.

11) Avez-vous une anecdote à nous raconter concernant les séances de dédicaces auxquelles vous avez participé ?

L'autre jour, je vais dédicacer chez un libraire. Une dame passe devant la vitrine et me voit signer mes bouquins. Elle se met dans la file et arrivé son tour, me fait gratter un dessin. Et là, elle me dit que je suis comme dans Plus Belle la Vie, où l'un des personnages, paraît-il, a écrit un roman et le dédicace (dans le feuilleton, je précise). Du coup, elle embraye en me posant des questions sur Plus Belle la Vie (évidemment, mes BD, ça lui passe à 15 milles au-dessus des bigoudis). Puis elle repart d'un pas léger avec un de mes bouquins sous le bras. Et là je me dis : "Ouaip... Plus Belle, la Vie" !

12)  Pour finir, dans le cochon tout est vraiment bon ?

En cuisant huit heures un pied de cochon, vous arrivez à faire d'un tas d'os un mets délicat. Comme quoi avec les porcs, tout est une question de volonté.

Le blog de Yan Lindingre.

[1] Gary Larson : auteur de dessins humoristiques et de bande dessinée américain.
[2] Julien CDM (fils de Jean Solé) : Zumbies, Business is business... ; Jean-Christophe Chauzy : La vie de ma mère, Petite nature... ; Manu Larcenet : Le combat ordinaire, Chez Francisque... ; Lefred Thouron : Casiers judiciaires, Les carottes sont crues... ;
Jochen Gerner : Contre la Bande dessinée, Le saint patron... ; Jeff Pourquié : Békame, Le guide des métiers méconnus...
[3] Joe Sacco : Gaza 1956, Derniers jours de guerre...

 

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