Dessin : Montgermont Fanny
Couleur : Montgermont Fanny
Genre(s) : Société, Drame
Éditeur : Dupuis
Nombre de pages : 80
Dépot légal : 12/2008
Xavier, patron d’une boîte d’infographie, mène la vie dure à ses employés et à ses collaborateurs. Arrogant, sûr de lui, coureur, menteur, immature et inconstant, il a tout pour déplaire sauf son physique de jeune premier. Lorsque Natasha le recontacte treize ans après leur séparation, Xavier s’imagine déjà batifolant dans les draps de la jeune femme. Mais le soir de leur rendez-vous, ce n’est plus que l’ombre de la pin-up d'antan qui se présente à lui. Natasha est gravement malade. Contrainte d’être hospitalisée, elle demande à Xavier de garder temporairement le fils né de leur liaison. Xavier voit sa petite vie tranquille bousculée par ce fils jusque-là inconnu et de surcroît souffrant. Atteint de progeria, syndrome du vieillissement accéléré, les jours du petit garçon sont en effet comptés.
Ce one shot édité par les éditions Dupuis dans la collection Aire Libre est composé de 78 pages des plus mélodramatiques mises en valeur par un agréable graphisme accompagné de belles couleurs tout à fait adaptées aux circonstances. S’il n’y a rien à redire ou presque au dessin de Fanny Montgermont déjà connue pour le diptyque Elle, ce n’est pas le cas du scénario d’Alcante. Même si celui-ci affectionne les sujets difficiles comme l’a montré la série Pandora Box, le conventionnel poussé à son extrême ne peut que nuire. Il met en scène un héros imbuvable qui se remet en question lorsque survient dans sa vie un enfant dont il ignorait l’existence, ce dernier étant condamné à brève échéance par une maladie orpheline. Quant à Natasha, Alcante l'afflige d’une maladie très grave, en l’occurrence un cancer, et ce de façon fort opportune. Tout cela transpire le bonheur, la joie de vivre et respire la santé. Tous les ingrédients sont présents pour faire vibrer la corde sensible mais ils manquent surtout de crédibilité. D’autant que quelques incohérences scénaristiques se sont glissées dans l’histoire comme cette neige qui tombe le lendemain de la fête des pères, en Belgique… au mois de juin ! Faut-il mettre sur le compte de la « licence scénaristique » cette incongruité ? Celle-ci a tout de même ses limites. Les dialogues ne manquent pas non plus de trivialité. En dépit de tout cela, il faut convenir que quelques scènes sont déchirantes voire révoltantes, la dureté du père envers son fils étant assez odieuse.
Il en découle que la collaboration entre le joli coup de crayon de Fanny Montgermont et le sens excessif du mélodrame d’Alcante peine à convaincre. En dépit de sa volonté de tirer une larme aux âmes sensibles, Alcante parviendra aussi à faire naître un sourire inopportun sur les lèvres d'un lecteur plus exigeant. Compte tenu de la gravité du thème abordé, c'est là un coup de maître... mais il n'est pas certain qu'il s'agisse du résultat souhaité.
>> Venez discuter de la chronique sur notre forum
Accueil
Chroniques
Actualités
WebZine
Recherche
Forum


