Ordre de Cicéron (L') n°3 : Le survivant
Scénario : Malka Richard
Dessin : Gillon Paul
Couleur : Hubert
Genre(s) : Société, Politique
Éditeur : Glénat
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 09/2009

© Glénat 2009 Malka / Gillon
Auteur de la chronique : Vales

Après trois ans et demi d'attente, les lecteurs vont enfin savoir ce qui pousse le grand-père de Nathan Steiner, Raphaël, à s'immiscer dans la défense de l'ennemi héréditaire, Benjamin de Veyrac, lors de son procès. Les deux premiers tomes décrivaient les motivations de Nathan Steiner ainsi que les rouages de la machination ourdie par ce dernier pour s'emparer du cabinet d'avocats créé par le grand-père de Benjamin tout en l'accusant de détournements. C'est maintenant au tour de l'aïeul de Nathan de s'inviter dans cette saga familiale.

Si la première partie de l'ouvrage est intéressante en ce qu'elle conte l'exode de Raphaël en Europe de l'Est à la suite de son internement à Buchenwald, elle demeure peu convaincante quant à la justification de l'attitude de ce dernier, tant de sa fuite que de son fracassant retour. La seconde partie, centrée sur le procès, est pauvre en rebondissements et l'issue de ce tome n'est à aucun moment incertaine. De plus, à l'image de la couverture, le scénario de cet épisode ne tire pas vraiment partie de son ancrage dans le milieu interlope des cabinets d'avocats et des prétoires. C'est d'autant plus dommage que Richard Malka est lui-même avocat. Enfin, l'ultime rebondissement de la dernière page ne semble là que pour ouvrir un quatrième tome et achever de brosser les relations entre les différents protagonistes.

Pour le dessin, Paul Gillon utilise son style réaliste et crayonné coutumier. Le choix de celui-ci était pertinent car son trait n’est pas sans rappeler celui des dessinateurs d’audience. Ici, il est plus sombre que dans les précédents tomes car beaucoup plus appuyé, mais surtout, il se délite au fur et à mesure de l'album se faisant de moins en moins précis. A tel point que la physionomie des personnages s’en trouve modifiée d’une planche à l’autre. Le lecteur relèvera même quelques autres fausses notes qui risquent de heurter son regard à l'instar d'une perspective ratée ou d'une Mini aux faux airs de Kangoo.

Quant aux couleurs, plus sombres que dans le tome précédent, elles accentuent l’aspect hésitant du trait. Le noir, loin de se limiter à la robe des avocats, devient même une des couleurs prépondérantes de l’album.

Cette série, un temps prometteuse pour son scénario et en ce qu'elle faisait rentrer le monde judiciaire dans les bibliothèques des bédéphiles, risque de se terminer platement. Pour les amateurs de grandes sagas familiales, mieux vaut relire les Maîtres de l'orge et pour une immersion chez les avocats véreux, la Firme (John Grisham) demeure une référence. Sur l'édition, il convient de souligner que Glénat a renouvelé l’utilisation d’un vernis sélectif pour la couverture.

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Notes

Scénario :
12/20
Indéniablement travaillé mais le lecteur a du mal à y croire.

Dessin :
12/20
Paul Gillon nous a offert de bien plus belles partitions.

Couleur/N&B :
11/20
Plus sombres que dans le tome précédent, elles desservent le trait du dessinateur.

Contamination :
13/20
On veut malgré tout croire à un sursaut pour le dernier tome.

Édition :
13/20
Pour le vernis sélectif de la couverture.



Total des notes :
61%