Dessin : Delaf
Couleur : Delaf
Genre(s) : Humour
Éditeur : Dupuis
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 09/2009
Souvenez-vous ! Le tome 3 nous avait laissés avec une Karine en pleurs, en voyant son Dan dans les bras de la perfide Mélanie. Ces deux-là étaient partis en Afrique, creuser un puits pour un village. Dans ce quatrième album, Karine pleure toujours et elle n'est pas très soutenue par ses deux garces d'amies, Vicky et Jenny. Les deux plus belles filles du lycée sont préoccupées par une nouvelle autrement plus importante : le départ de John-John, l'homme à la moto, dont elles se lamentent (mais alors, très brièvement). Celui-ci ayant disparu du paysage, elles jettent cette fois leur dévolu sur Fred, le président du conseil des étudiants (ça tombe bien, il a une voiture). Tout pourrait aller bien dans le meilleur des mondes sans le retour de Mélanie et de Dan ; Karine est bien décidée à sauver son honneur.
Cette série satirique québécoise exploite les mœurs actuelles des adolescentes, biberonnées au culte du bling-bling et du sexy way of life. Les auteurs, mari et femme à la ville, accentuent le côté méchant de leurs modèles à travers Jenny et Vicky, tout en s'attendrissant sur leurs difficultés avec notamment la rupture amoureuse de Karine ou l’acné purulente de Murphy. Les personnages principaux sont typés : Jenny et Vicky sont belles et sexy, mais sans une once de jugeote, en tout cas pour Jenny (QI d'huître en puissance). Elles se distinguent par leur méchanceté et n'en ratent pas une pour faire souffrir leur fidèle amie Karine. Celle-ci, qui n'a rien d'un canon, est l'intelligente de la bande. Contre toute attente, elle est sortie avec le beau Dan, ce qui a bien fait rager les deux autres dans les albums précédents. Les nombrils se présente sous la forme de petites histoires qui souvent tiennent sur une planche. Celles-ci sont bien conçues et la chute est digne des meilleures séries comiques. Dans cette série, tous les jeunes ont leur moment de gloire (ou de désespoir). Certains restent cantonnés dans leur rôle tandis que d'autres évoluent. C'est le cas de Dan, qui de charmant garçon devient un personnage sans charisme, et de Karine qui dévoile une facette de sa personnalité que les lecteurs (et même les deux pestes) ne devinaient pas.
Le dessin, caricatural, ne se démarque pas des autres séries humoristiques de Dupuis et se mêle sans problème à celui de ses confrères franco-belges. Comme ces derniers, il a l’avantage d'être fonctionnel : la rousse-débile (tiens, est-ce qu'au Québec ce sont les rousses qui sont les idiotes ?), la brune plus intelligente mais trop égocentrique, la moche longiligne, le boutonneux de service, le charismatique boyfriend, etc. Delaf tire sur toutes les ficelles pour faire rire son lecteur, comparant tel personnage avec un animal et exagérant démesurément les expressions.
Les couleurs sont variées et vives, elles accentuent gentiment la caricature : bleue pour montrer l'horreur (comme ces filles dégoutées à la vue de la poussée d'acné de Murphy) ou rouge-orange pour les foules en délire, etc.
Il y a eu un énorme buzz autour de la sortie de ce tome 4. La série a son site dédié, des bonus, des bandes-annonces, signes que c'est une valeur sûre des éditions Dupuis. C'est exact, jusqu'à présent ; en espérant que les auteurs sachent se renouveler dans les prochaines histoires.
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