Enfant de l'orage (L') n°3 : Où portent les courants
Scénario : Bichebois Manuel
Dessin : Poli Didier
Couleur : Poli Didier
Genre(s) : Médiéval fantastique, Aventure
Éditeur : Les Humanoïdes Associés
Nombre de pages : 58
Dépot légal : 01/2009

© Les Humanoïdes Associés 2009 Bichebois / Poli
Auteur de la chronique : Miss Teigne

Alors qu'Alghärd a engagé une guerre dévastatrice contre Medillum, Laïth part en quête de ses origines à l'insu de ses amis qui le croient mort. Ce jeune garçon aux étranges prédispositions et sujet à de violentes et inexplicables crises par temps d'orage n'a pour seul indice que les pierres pourpres laissées par sa mère décédée et dont la provenance lui reste inconnue. Après bien des péripéties, ses pas l'amènent à la cité industrielle de Namo, véritable mine de pierres rouges. Capturé, Laïth devient l'esclave de l'Empereur et est condamné à plonger ramasser les pierres en question au fond de la mer.

Il est aujourd'hui bien difficile de s'imposer dans le genre fantasy en bande dessinée tant les séries parues ces dernières années sont légion. L'enfant de l'orage fait partie de ces séries remarquables qui ont admirablement bien commencé et qui gagnent à être connues. Dotée jusqu'ici d'un scénario des plus original et d'un graphisme intéressant, elle mérite largement sa place dans les BD fantasy de bonne facture même si ce troisième tome venant clore le premier cycle ne paraît pas à la hauteur des deux premiers. Il apparaît en effet comme le moins abouti, scénaristiquement parlant, bien que les auteurs aient pris la liberté d'excéder les 48 pages traditionnelles contrairement aux tomes précédents.

Si les héros gagnent en maturité face à l'adversité, ils perdent aussi en candeur. Les rancunes, la vengeance, la trahison, l'espoir et le désespoir sont les moteurs de ce troisième opus dont la conclusion paraît assez hâtive. Les origines de Laïth sont en effet révélées en fin de tome bien que, heureusement, quelques questions subsistent encore. L'action est très présente mais la multiplicité des personnages et la présence de quatre foyers de narration différents (qui se recoupent à un moment donné) rendent le scénario un peu brouillon.

Graphiquement, le dessin de Didier Poli reste très bon. Ses personnages anthropomorphes aux traits léonins, très expressifs, portent l'empreinte de son passage dans les studios Disney. Mais c'est sa maîtrise des plans, particulièrement diversifiés, et des angles qui est surtout remarquable, et ce depuis le début de la série. Les angles en contre-plongée, les zooms, les plans américains sont très sollicités et attestent de la qualité de sa technique. Le découpage reste intéressant par son fréquent recours aux vignettes horizontales et verticales (petites ou grandes), aux superpositions de textes ou de vignettes... qui sont autant de procédés graphiques utilisés à l'envi. Étrangement, cette technique accentue le côté tragique de l'histoire, appuyé aussi par les couleurs qui se veulent orageuses. Tantôt sombres et bleutées, elles rougeoient également à la lumière des incendies provoqués par les combats. Quatre planches sépia constituant un flash-back sont aussi particulièrement réussies.

Quelques ombres au tableau cependant... Poli n'hésite pas à coller les vignettes les unes aux autres pour un résultat qui, esthétiquement, n'est pas toujours du plus bel effet. A cela s'ajoute la disharmonie des espaces blancs entre les cases. De taille variable y compris sur la même planche, ils pourront troubler un lecteur sensible à la symétrie de l'ensemble. L'enthousiasme se modère aussi à la vue des quelques décors, des personnages secondaires et de leurs costumes empruntant à l'Empire du Milieu, et ce du chapeau pointu jusqu'à la barbichette et aux moustaches du noble chinois. Cet élément familier ternit quelque peu ce que cet univers avait jusqu'ici de spécial et d'original.

Si ce troisième volet est moins convaincant que les deux tomes précédents, l'intérêt pour la suite se maintient toutefois… Signe que le qualificatif de "bonne série fantasy" reste mérité…

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Notes

Scénario :
12/20
Ensemble un peu brouillon. Sensation d'action permanente accrue par le découpage.

Dessin :
14/20
Bonne maîtrise des procédés graphiques mais l'asymétrie entre les vignettes donne un aspect chargé. Impression de finition médiocre.

Couleur/N&B :
14/20
Numérique. Passe constamment du chaud au froid.

Contamination :
12/20
Suite banale d'une série fantasy bien commencée.

Édition :
11/20
Rien à dire.



Total des notes :
63%