Dessin : Kamimura Kazuo
Couleur : Kamimura Kazuo
Genre(s) : Société, Romance, Roman graphique
Éditeur : Kana
Nombre de pages : 704
Dépot légal : 10/2009
Tokyo, début des années 70. Kyôko et Jirô se sont rencontrés pendant leurs études et se sont installés sous le même toit il y a un an, quelques jours à peine après le début de leur liaison. Non mariés et menant une vie insouciante, ils n'ont pas vu le quotidien les rattraper, et à présent Kyôko doute de la nature de leur couple et de son avenir avec Jirô.
Lorsque nous vivions ensemble décrit donc la vie de Kyôko et de Jirô à un moment charnière de leur histoire d'amour. La découverte de la vie à deux est passée, les difficultés se sont installées, liées entre autres à la situation professionnelle instable de Jirô, et au positionnement particulier du couple dans la société de l'époque. Pourtant, ils s'aiment. Mais leur amour est excessif, destructeur, perpétuellement porteur de violence. Ils s'aiment, mais ils se font mal. Il faut ajouter que la mort rode en permanence autour d'eux (suicides, avortement...), et que les perversions les plus diverses croisent leur route, même s'ils ne sont pas directement concernés (inceste, sado-masochisme...). Kyôko en est tellement perturbée que sa raison vient à vaciller. Les moments de bonheur ou de paix sont rares, et toujours empreints d'une certaine tristesse ou d'une certaine nostalgie.
Le trait de K. Kamimura porte à merveille la poésie de certaines scènes et tout autant le malaise qui les hante. Sa mise en scène décrit d'une façon étonnamment juste la relation amoureuse ou la sexualité dans ce qu'ils peuvent avoir d'excessif, d'aveugle, de malsain ou d'oppressant. Néanmoins, même si le propos est difficile, la beauté et l'élégance du trait, la composition gracieuse des illustrations pleine page font toujours mouche. La trame reste quant à elle discrète et quelques lavis viennent parfois adoucir les cases. Le style général accuse son âge, certes, mais est le reflet de son époque et on regrettera surtout que les personnages secondaires se ressemblent parfois un peu trop.
Ce manga donne quoi qu'il en soit une vision bien négative de l'amour. Aucun des couples que l'on y croise n'est accompli. Sang, larmes, vomi, sueur, sans parler du reste. Cet amour-ci est poisseux, les personnages s'y engluent, s'y débattent. Il faudra, à n'en pas douter, une certaine maturité ou un certain vécu au lecteur pour se laisser happer sans risque par tant de noirceur. Mais si tel est votre cas, alors les trois volumes de Lorsque nous vivions ensemble deviendront sans doute un classique de votre bibliothèque.
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