Dessin : Bruller Hélène
Couleur : Bruller Hélène
Genre(s) : Humour, Société
Éditeur : Drugstore
Nombre de pages : 64
Dépot légal : 11/2009
Hélène Bruller œuvre dans l'illustration jeunesse et féminine depuis des années, et s'est fait connaitre du grand public par ses collaborations avec Zep, son compagnon, notamment sur Le Guide du zizi sexuel. Habituée à se mettre en scène avec certains de ses proches (Je veux le prince charmant, Hélène Bruller est une vraie salope), elle récidive avec un savoureux Love, qui met cette fois à l'honneur non plus elle-même, mais ses amis. Enfin... "ses amis à elle", comme le rappelle sa préface...
Qui aime bien châtie bien, et ses amis, Hélène, elle les adore. A travers une galerie de 31 personnages, elle dresse un portrait peu flatteur de ses contemporains et de leurs travers. Elle sait appuyer là où ça fait mal et comme souvent quand ce genre d'exercice est fait avec talent, chacun s'y reconnaitra ou reconnaitra quelqu'un : "L'hyperactive", "Testostérone-man", "Mauvaise fois girl", "Le français", "La glu"... Le dosage entre caricature et sensation de "déjà-vécu" est équilibré, et là où H. Bruller apporte un plus à l'exercice, c'est qu'après avoir présenté chaque nouveau personnage, elle l'insère au sein d'un diner. Les planches de présentation et de diner alternent donc, à un rythme de métronome, et les protagonistes sont de plus en plus nombreux autour de la table. Les possibilités d'interactions aussi, et les répliques cinglantes fusent en conséquence. Les dialogues sont un peu vulgaires parfois, mais il faut dire que le cul est au centre de pas mal de conversations.
Côté graphisme, l'auteur reprend les mêmes recettes que dans ses précédents forfaits. On la retrouve, même t-shirt rouge et bleu, même bandeau vert dans ses cheveux en bataille. On retrouve sa mise en page, ses titres de planche à l'esthétique chaque fois différente et sur mesure, ses phylactères sur fond orange. Les personnages sont, forcément, caricaturaux, mais très expressifs ; les décors inexistants ou minimalistes ; l'esthétique sans chichi. Enfin, les couleurs sont gaies et flashy, à l'image de la couverture qui pique les yeux. En bref, la forme est parfaitement raccord avec le fond : acide et drôle, et bien plus maîtrisée que sa simplicité apparente pourrait le laisser croire.
Ce qui fait l'intérêt de ce Love est donc sa construction, l'humour des situations, les remarques délicieusement cassantes d'Hélène Bruller. Et comme elle pose son regard moqueur sur les autres autant que sur elle-même, on lui pardonne bien volontiers sa "méchanceté" envers les siens.
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