Otaku Girls n°2
Scénario : Konjoh Natsumi
Dessin : Konjoh Natsumi
Couleur : Konjoh Natsumi
Genre(s) : Humour, Société, Romance
Éditeur : Doki-Doki
Nombre de pages : 210
Dépot légal : 11/2009

© Doki-Doki 2009 Konjoh / Konjoh
Auteur de la chronique : Harpye

Rappelons d'abord que le terme « otaku » désigne au Japon un fan extrême, dont le comportement peut finir par le placer en marge de la société. On peut être otaku d'un tas de choses, souvent liées à la culture pop japonaise. En France, ce terme en est venu à désigner les passionnés de mangas ou d'animes, alors que le phénomène n'a rien à voir. Quoi qu'il en soit, ce sujet est devenu ces dernières années un thème à la mode dans les mangas et les animes, qu'il soit traité de façon sérieuse ou humoristique. Otaku Girls appartient à la seconde catégorie.

Rumi est une fanatique de manga yaoi[1], et sa vision des rapports amoureux en est totalement transformée. Elle ne connait de l'amour que ce qu'elle voit dans ses lectures et imagine donc que l'amitié qui unit ses camarades Takahiro et Shunsuke, le playboy du lycée, est d'une toute autre nature... Or Takahiro est amoureux d'elle. Mais Shunsuke finit aussi par en pincer pour elle et la rivale déclarée de Rumi dans le cœur de Shunsuke, Matsui, devient contre toute attente sa complice dans l'otakisme et un pion supplémentaire dans le chassé-croisé amoureux qui se met en place.

Le tome 1 ayant présenté les personnages et évacué d'emblée toute ambiguïté sur leurs désirs et leurs relations (on n'attendra pas 20 volumes pour voir un pauvre bisou), ce tome-ci nous plonge véritablement dans ce qui fait le quotidien d'une otakette qui se respecte : visite dans le quartier des magasins spécialisés, festival, cosplay, réalisation du fanzine[2]... De plus, ce second volume exploite encore mieux ce qui fait la particularité des références de Rumi, et va encore plus loin dans le délire et les situations suggestives. Par exemple, Rumi ne gère son attirance pour Takahiro qu'en s'imaginant elle-même en garçon, se référant au « couple » culte Shinji/Kaoru de la série Evangelion, et ses repères échappent complètement à la compréhension du pauvre Takahiro. Le décalage entre réalité et délires est bien exploité, et ce volume est beaucoup plus drôle que le premier tome. Un bon point supplémentaire pour l'adaptation des dialogues. A noter toutefois que ce manga n'est pas pour autant « documentaire » comme un Genshiken par exemple, le spectre balayé étant pour le moment plus restreint. Ce qui est une bonne chose car le lectorat adolescent visé n'aurait pas forcément suffisamment de connaissances pour apprécier.

Côté dessin, le style est propre et agréable. Les personnages sont sexy sans être ridicules ni vulgaires. L'auteure connait bien son sujet, tant sur la forme que sur le fond, puisqu'elle a précédemment publié des titres pour adultes. Mais il s'agit ici uniquement de suggérer et d'utiliser avec humour les codes de mise en page et de mise en scène propres aux séries qu'elle parodie. En fonction de la scène, les planches sont donc construites différemment et plus ou moins travaillées. L'ensemble est au final plutôt dense, mais la lecture se fait sans effort.

Divertissante et drôle, cette série est donc une bonne surprise. A la seule et unique condition d'être un minimum familier des thèmes qu'elle aborde sous peine de trouver ça surréaliste.8.1 Bouton Commandez 100-30

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[1] : Le yaoi manga est un manga mettant en scène des amours entre garçons, mais s'adressant à un public féminin (le degré d'érotisme dépend de l'âge des lectrices). Là où le shôjo propose des héroïnes gourdes auxquelles la lectrice peine à s'identifier, le yaoi propose des protagonistes masculins qui se complètent et représentent en quelque sorte l'homme idéal.
[2] Il s'agit en l'occurrence ici d'un dôjinshi, fanzine principalement parodique des séries phares, et souvent érotique.

Notes

Scénario :
15/20
Une narration pas trop pesante pour une fois et un ton vraiment très drôle.

Dessin :
13/20
Efficace et agréable, mais sans personnalité.

Couleur/N&B :
13/20
Le "minimum syndical", c'est bien pâlichon tout ça.

Contamination :
14/20
Les lectrices de shôjo et de yaoi adoreront, les autres n'y comprendront rien.

Édition :
12/20
Bonne adaptation, mais des notes culturelles auraient été bienvenues pour faciliter l'accès ou la compréhension de ce manga.



Total des notes :
67%