Grand Siècle (Le) n°2 : Benoît
Scénario : Andriveau Simon
Dessin : Andriveau Simon
Couleur : Andriveau Simon
Genre(s) : Histoire, Aventure
Éditeur : Delcourt
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 08/2008

© Delcourt 2008 Andriveau / Andriveau
Auteur de la chronique : Tomtom

Dans le premier tome, on découvrait Alphonse, un manœuvre de basse condition à l’époque de Louis XIV. Celui-ci est sans cesse vilipendé par son acariâtre femme et, au village, on ne se gêne pas pour railler son penchant pour l’alcool. Tout change à partir du jour où il sauve Benoît, le fils d’un chevalier dont il a assisté au meurtre. Alors qu'ils se sont réfugiés dans un camp de gitans, les assassins du chevalier parviennent à les kidnapper et les enferment dans un navire à destination du grand large.

Dans ce deuxième tome, le rôle de Benoît prend de l’essor. Au cours de la traversée, on en apprend un peu plus sur les ravisseurs et meurtriers du chevalier. Dans cet espace clos qu’est un navire, des relations entre les différents protagonistes se développent, en particulier autour du jeune Benoît qui mûrit au rythme de ses rencontres et alors que nous en apprenons plus sur ses origines. Finalement, nos deux "anti-héros" sont débarqués sur une île des Caraïbes où ils sont vendus comme esclaves à une plantation. Alphonse sombre dans la déchéance mais Benoît grandit et ne perd pas espoir de s’échapper pour pouvoir enfin comprendre ce qui lui arrive.

Ouf ! mais où s’arrêtera Simon Andriveau ? Après la misère paysanne et le camp de gitans, l'auteur nous emmène par bateau jusqu’aux plantations des premiers colons dans les Caraïbes, tout en effleurant au passage les intrigues de la noblesse de l'époque. On visite plusieurs univers sans se demander comment on en est arrivé là. Les événements se succèdent avec fluidité.

Le dessin, très intéressant, a évolué au gré de ces 2 albums sans pour autant marquer une rupture : précis et détaillé, il a gagné en finesse et en légèreté, l'encrage conservant la souplesse et la spontanéité du trait crayonné. Les traits d’Andriveau, devenus plus filandreux, donnent à l’album un ton encore plus original et agréable. Le dessin gagne ainsi en personnalité et n'est pas sans rappeler le travail de Loisel.

Les couleurs, répondant à la légèreté du trait, sont à la fois plus lumineuses et plus douces que dans le premier tome, mais continuent à compléter à merveille le dessin en structurant discrètement les décors et les arrière-plans. Leur légèreté pourrait souligner tant l’influence du soleil des Caraïbes que l’état de mort cérébrale dans lequel se trouvent les esclaves des plantations, et rend d'autant plus efficace ce crépuscule rouge sang accompagnant la métamorphose de Benoît à l’approche du dénouement.

Ceux qui hésitaient à la sortie du premier tome ne pourront être que conquis par l'évolution de la série, scénario agréable, dessins typés et maîtrisés. Un vrai bon moment de lecture que je recommande à tous !

>> Venez discuter de la chronique sur notre forum

Notes







Scénario :
15/20
Très bon. On se demande jusqu’où va nous emmener Andriveau.

Dessin :
16/20
Le dessin évolue au cours des 2 premiers tomes mais cela ne gêne en rien la lecture.

Couleur/N&B :
14/20
Les couleurs confèrent une atmosphère très particulière à l’histoire et collent parfaitement aux lieux.

Contamination :
15/20
À lire ! À conseiller en priorité aux férus d’aventures avec un grand A, d’histoires de pirates et de suspense…

Édition :
11/20
un classique de chez Delcourt : sobre, efficace, respectueux du lecteur et de l’œuvre.