Trinity Blood n°1
Scénario : Yoshida Sanao
Dessin : Kyujyô Kiyo
Couleur : Kyujyô Kiyo
Genre(s) : Science-fiction, Action, Manga
Éditeur : Kana
Nombre de pages : 190
Dépot légal : 10/2008

© Kana 2008 Yoshida / Kyujyô
Auteur de la chronique : Cain

Dans un monde futuriste post-apocalyptique, les "Metuselah", autrement dit des vampires, sont les ennemis du Vatican et des humains, qu'ils nomment "Terrans". Agent très spécial de l'AX (groupe d'intervention du Vatican), le Père Abel NightRoad a pour tâche de combattre ces Metuselah. Aidé d'Esther, une jeune nonne, et de "Tres", un cyborg, le Père Nightroad à l'apparence douceâtre fait pour cela appel à des pouvoirs hors normes... même pour un vampire.

Trinity Blood n'est pas vraiment une histoire de vampires, mais plutôt une histoire humaine, sur la folie des hommes, leurs dérives et les conséquences qu'elles engendrent. Abel, apparemment bien plus vieux et mystérieux que tous les vampires, puisqu'il est un ancien membre de forces "spatiales" terriennes, semble porter en partie le poids de tout ce cataclysme sur ses épaules... Il est appelé "Krsnik" et se nourrit du sang des vampires, mais difficile d'en savoir plus. En effet, ce tome d'introduction fait la part belle aux gags, aux sentiments et à l'action, mais on n'apprend presque rien sur le monde dans lequel vivent les personnages. Le découpage est un peu fouillis, et pour ceux qui ne connaissent pas la qualité de l'œuvre dans son ensemble, il est facile d'être dérouté. Côté gags, c'est un peu plus réussi et les bourdes d'Abel font leur effet.

Le dessin au style gothique est doux et agréable, et met surtout en avant les personnages masculins. Androgynes parfois jusqu'à la confusion (Dietrich par exemple), les mâles hantant ce volume séduiront les plus exigeants par leur allure et l'élégance de leurs tenues. Dommage que cette sympathique Esther soit traitée avec moins de subtilité. Dommage aussi que le dessin soit noyé sous une avalanche de traits dans les scènes d'action. Les trames, pourtant posées avec une certaine finesse, n'arrivent pas à pallier ce défaut. La lisibilité en prend un coup, et l'œil du lecteur fatigue un peu. Nul doute que la reprise de quelques images en couleur aurait fini de charmer le lecteur, mais qu'importe. Le problème vient surtout de la mise en scène, trop alambiquée, et qui donne un peu l'impression que le lecteur est exclu des considérations du dessinateur, tant il est difficile de suivre l'histoire. Certains passages étant trop anecdotiques, d'autres trop elliptiques. L'auteur réussit quand même, au fil des pages, à nous faire oublier ces quelques soucis et nous accroche dans l'histoire.

Un peu déçu par ce premier volume, le lecteur qui connaît bien la série animée ne s'y trompera pas, et même s'il faut un peu s'accrocher, c'est avec envie qu'il attendra les révélations des tomes suivants et les éclaircissements sur la situation du monde. Celui qui ne connaît pas l'univers ou a du mal avec les mangas risque de difficilement accrocher et ce premier tome sera très vite oublié. On attend donc la suite en espérant que la série décolle vraiment et que le dessinateur améliore son style narratif.

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Notes







Scénario :
10/20
Une idée intéressante et prometteuse desservie par un découpage rude et des éléments contextuels trop peu présents.

Dessin :
14/20
Doux, très agréable... Le dessinateur sait passer de l'émotion au burlesque avec facilité.

Couleur/N&B :
14/20
Les trames viennent ajouter ce qu'il faut de douceur pour parfaire le dessin.

Contamination :
13/20
Ceux qui connaissent le dessin animé savent que le meilleur est à venir, les autres risquent de fuir...

Édition :
11/20
Un manga on ne peut plus standard, si ce n'est en supplément en fin de volume les premières pages du roman.