Village (Le) n°1 : L'ingénieur
Scénario : Rodolphe
Dessin : Marchal Bertrand
Couleur : Bouët Sébastien
Genre(s) : Thriller
Éditeur : Bamboo
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 11/2008

© Bamboo 2008 Rodolphe / Marchal
Auteur de la chronique : Bancher

En plein coeur de la guerre froide, un espion communiste fait l'objet d'un échange avec les services américains. Apparemment amnésique, l'homme tente de recoller les morceaux de son passé au sein d'un complexe soviétique en dehors du temps et des frontières : "le village". La communauté, étonnamment libre, regroupe l'élite des services secrets russes et c'est dans cet espace confiné que se déroule une intrigue à la fois opérante et conventionnelle.

Cette histoire, très lisible, est construite autour d'une narration impeccable. Ainsi, le rythme alterne entre action et scènes explicatives sans problème de compréhension pour le lecteur. L'intrigue, quant à elle, est basée sur un récit solide et des dialogues efficaces, même si le dénouement final manque un peu de fraîcheur.

Il est à noter que le graphisme, hyper réaliste, s'inscrit complètement dans la lignée claire et synthétique de cet album. Il faut d'ailleurs souligner au passage l'influence ostensible de Léo (Aldébarand, Trent, etc.) sur le trait de Bertrand Marchal (Frontière, Les châtiments de l'an mil). Aussi, le principal travers de ce dessin est une netteté si perfectionniste qu'elle finit quelquefois par lui conférer une saveur aseptisée. Paradoxalement, ce côté "guindé" n'empêche pas un enchaînement très dynamique et agréable à lire.

Les couleurs de cet album sont quant à elles solidement ancrées dans le récit et servent bien les ambiances de l'histoire. Ceci dit, l'ensemble est encore une fois si propret qu'un sentiment d'impersonnalité fait parfois surface, au risque de lasser.

Pour terminer, cet album réjouira les éternels amateurs d'espionnage sur fond de guerre politique américano-soviétique. En revanche, il risque de laisser indifférents voire d'ennuyer les amateurs d'histoires plus créatives ou fantaisistes. Quoi qu'il en soit, on ne peut au demeurant que saluer cette lisibilité remarquable qui fait défaut à tant d'albums.

>> Venez discuter de la chronique sur notre forum

Notes







Scénario :
13/20
Un scénario honnête, basé sur une recette bien huilée mais guère inventive.

Dessin :
14/20
La régularité et la fluidité du trait sont appréciables malgré un certain manque de personnalisation.

Couleur/N&B :
14/20
Elles sont efficaces et bien adaptées au récit.

Contamination :
13/20
Malgré une performance irréprochable d'un point de vue technique, cet album manque légèrement de charisme.

Édition :
11/20
Un album classique de 48 pages en couleur. On aurait pu imaginer un petit bonus historique sur la guerre froide pour éclairer cette fiction.