Dessin : Hermann
Couleur : Hermann
Genre(s) : Fantastique, Aventure
Éditeur : Dupuis
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 09/2008
En découvrant la couverture de cette bd sur l’étalage, je n’ai pas mis longtemps à me décider à acheter cet album en rêvant de pirates et d’îles au trésor entourées de sable chaud... Mais en fait, l’histoire débute dans des marécages où nous assistons au mariage de deux jeunes gens devant des témoins patibulaires, amis du prétendant. Très vite, nous apprenons que ce mariage doit rester secret. En effet, la jeune femme n’est autre que la fille du propriétaire de la plus grande plantation de la région, et celui-ci n’a nullement l’intention de laisser sa progéniture lier sa vie à un jeune homme sans références. Il lance alors ses séides à la poursuite du pauvre jeune homme et de ses acolytes. « Pauvre jeune homme », pas si sûr ! Une brouille s’immisce déjà entre les deux tourtereaux. Ses sentiments sont-ils si purs que cela ? L’espoir d’hériter un jour de son beau-père a-t-il joué dans la balance ?
Le début des aventures rocambolesques est lancé. On découvre enfin le grand large avec les jeunes mariés mais aussi des liens secrets entre le riche propriétaire de la plantation et… la piraterie. Mais si l’histoire commence tambour battant, le moins que l’on puisse dire, malheureusement, c’est que le reste du scénario ne suit pas. Entre des noyés repêchés et ressuscités de manières invraisemblables, des passages cousus de fil blanc, des digressions avec de nouveaux personnages sortis d’on ne sait où et des flash-back mal amenés, c'est la confusion presque totale. Ces éléments auraient gagné à être distillés plus finement pour laisser au lecteur le temps de s'en imprégner, sans tout miser sur l'hypothétique promesse que tout deviendra limpide au volume suivant.
Pour ce qui est du dessin, Hermann est toujours aussi fort pour dessiner des « sales trognes » et son coup de crayon sied à merveille aux féroces pirates. En revanche, il ne sait toujours pas dessiner les belles femmes. C'est dommage qu'elles aient systématiquement des "sales trognes" également.
Ce sont les couleurs qui confèrent une ambiance envoûtante à l’album. On a toujours l’impression qu’Hermann dessine avec des pinceaux sales mais que nenni ! Les tons collent parfaitement aux lieux qu’ils magnifient ou plongent dans les ténèbres quand il le faut. Que ce soit le vert des marécages, le gris de la tempête, le noir de la nuit ou le bleu du ciel au dessus d’un paysage paradisiaque… toutes les couleurs sont maîtrisées à la perfection et employées on ne peut plus judicieusement. La technique d’Hermann lui est propre et est reconnaissable dès le premier coup d’œil (la marque des plus grands ?...). C’est sans aucun doute un des maîtres en la matière et il est au paroxysme de son art.
Vous l’avez déjà compris, la seconde partie de cet album m’a beaucoup déçu. Il n’est pas sûr que je laisse au deuxième volume annoncé la possibilité de me faire changer d’avis, à moins qu’une future critique positive m’incite à revoir ma copie… En tout cas, je regrette d’autant plus l’achat de cet album que son coût exagéré de 14 € n’est à aucun moment justifié : ni par son format classique, ni par le nombre de pages et encore moins pour ses qualités scénaristiques !
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