Mattéo n°1 : Première époque (1914-1915)
Scénario : Gibrat Jean-Pierre
Dessin : Gibrat Jean-Pierre
Couleur : Gibrat Jean-Pierre
Genre(s) : Histoire, Roman graphique, Aventure
Éditeur : Futuropolis
Nombre de pages : 64
Dépot légal : 10/2008

© Futuropolis 2008 Gibrat / Gibrat
Auteur de la chronique : Sir Hogan

Après Le Sursis et Le vol du corbeau, la sortie de Mattéo, le nouvel album de Gibrat, est un évènement. Cette série, qui cette fois délaisse le cadre de l'occupation pour s'intéresser à un jeune homme, Mattéo, durant une période trouble de notre histoire allant de 1914 à 1939, est prévue en 4 tomes. Mattéo, fils d'un anarchiste espagnol mort quelques années auparavant, est venu s'installer en France en compagnie de sa mère. Il s'est amouraché de la jolie Juliette qui, lorsque la guerre éclate, se détourne de lui pour ne plus parler que de Guillaume, combattant dans l'armée de l'air. Mattéo, non mobilisé en raison de ses origines, va donc s'engager avec comme espoir la reconquête du cœur de sa belle.

Si le contexte n'est pas exactement le même, c'est encore une fois une histoire d'amour sur fond de guerre que nous narre Gibrat.  L'histoire est prenante, bien racontée, même si on peut éventuellement regretter un enchaînement parfois trop rapide des évènements, tandis qu'au contraire certaines scènes traînent un peu en longueur sans apporter beaucoup au récit. Le héros est fort sympathique et le lecteur s'y attache facilement, surtout que, comme dans les précédents albums de Gibrat, il est également le narrateur, ce qui le rend plus proche encore du lecteur. De plus, les récitatifs sont comme dans les albums précédents de l'auteur, savoureux et très travaillés. Un scénario qui, sans être révolutionnaire, est donc intéressant et qui promet pour la suite.

Pour ce qui est du dessin, tout en gardant un style assez reconnaissable, Gibrat a fait évoluer son trait qui est désormais plus souple, plus libre et par conséquent moins stéréotypé, mais aussi moins précis. Cette évolution ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais il faut avouer qu'elle ajoute un intérêt au récit, Gibrat ne s'enfermant pas dans un style qui pourrait finir par être rébarbatif. Les couleurs sont quant à elles bien utilisées, même si on a parfois une impression de « vite fait », posées un peu grossièrement et débordant souvent des cases. Malgré tout, son talent de coloriste reste intact et elles apportent beaucoup de force à son dessin. Bref, un dessin très réussi bien qu'un peu irrégulier.

Au final, Mattéo est un album très attendu qui ne déçoit pas. C'est un tome d'introduction assez classique, mais qui souffre de quelques longueurs, il faudra donc attendre la suite pour confirmer la bonne impression laissée par ce premier opus. On espère que Gibrat sera aussi à l'aise sur une histoire développée en quatre tomes que sur les diptyques où l'action est plus dense.

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Notes







Scénario :
14/20
Après un excellent début, la deuxième partie de l'album semble moins intéressante, trop rapide. La narration par le personnage principal est toujours un régal.

Dessin :
16/20
C'est nouveau et c'est beau. Pari réussi.

Couleur/N&B :
14/20
Comme le dessin, les couleurs sont moins léchées que précédemment, mais elles restent toujours d'une grande maîtrise.

Contamination :
14/20
On veut vraiment savoir ce qui va arriver à Mattéo.

Édition :
13/20
Papier et couverture de qualité, grand format, 62 planches, c'est un bel album. Dommage que le prix en pâtisse.