Ratafia n°5 : Le nénuphar instantané
Scénario : Pothier Nicolas
Dessin : Salsedo Frédérik
Couleur : Salsedo Greg
Genre(s) : Humour, Aventure
Éditeur : Milan
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 10/2008

© Milan 2008 Pothier / Salsedo
Auteur de la chronique : Vales

Le cinquième volet des aventures des pirates pieds nickelés de La Kouklamou a accosté dans les librairies sous la forme d’un one-shot. Dans ce nouvel opus, Romuald convainc le Capitaine, nouvellement lancé dans le dessin de son autobiographie, de se rendre en Nipponie. Romuald compte bien en ramener le « nénuphar instantané », plante de légende, dotée de la propriété de « donner instantanément à celui qui la trouve le pouvoir de la chance ». Cette quête va être rapidement contrariée par le capitaine Kobito, qui, à l’insu de l’Empereur, a décrété une politique mêlant isolationnisme et guerre commerciale.

En ouvrant chaque nouveau tome de Ratafia, on frémit à l’idée que la délicate alchimie qui en fait le sel, ait disparue. Cette alchimie repose sur l’exploitation de clichés, des références hétéroclites et anachroniques ou encore des figures de style. Car, qu’on se le dise, Ratafia est sûrement la BD la plus littéraire du PCF (Paysage Crayonné Français). Sur ce plan, rassurez-vous, nous retrouvons bien ici les différents ressorts humoristiques auxquels les auteurs nous ont habitués. En l’espèce, on se délecte des calembours, références musicales, cinématographiques ou même philosophiques, allitérations et autres mises en abîme. De même, l’histoire est menée tambour battant, peut-être du fait du format one-shot. Enfin, le thème de l’attaque de la civilisation occidentale par la culture nippone est omniprésent alors que d’habitude le thème, à l’image de la démocratie dans le tome précédent, demeurait secondaire.

Sur le dessin, on ne peut que constater une belle régularité de Fred Salsedo par rapport aux tomes précédents. On pourra néanmoins regretter que dans une BD où le détournement est de mise et traitant de l’invasion manga, le dessinateur ne se soit pas un peu plus amusé avec les codes du genre. La mise en couleur, de plus en plus vive au fil des albums, s'est particulièrement radicalisée et Greg Saldsedo se met définitivement au diapason du récit. Il use et abuse d'une palette qui part en tous sens, à laquelle s'ajoute ici l'emploi de trames de fond décoratives, dont la présence semble un peu forcée. L'effet général est plutôt chargé, les planches (déjà très encrées) parfois un peu sombres, mais au moins, c'est dynamique et l'oeil n'a pas le temps de s'ennuyer.

Ce cinquième tome est à réserver aux initiés et ne constitue pas un point d’entrée dans l’univers de Ratafia car, avec le débarquement d’une partie seulement de l’équipage en Nipponie, on ne retrouve pas tout à fait l’univers des tomes précédents. Mais n’ayez aucune crainte Monsieur Pothier, toutes « vos idées volées donnent un résultat honnête ».

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Notes

Scénario :
13/20
Une idée originale au départ mais globalement sur-traitée.

Dessin :
13/20
Belle constance mais le dessinateur aurait pu un peu plus s’inspirer du thème.

Couleur/N&B :
13/20
Réussies à moins de pinailler sur quelques cases.

Contamination :
13/20
Pas indispensable à la série, mais très agréable quand même.

Édition :
11/20
Du classique



Total des notes :
63%