Atalante n°4 : L'envol des Boréades
Scénario : Crisse Didier
Dessin : Crisse Didier
Couleur : Besson Frédéric
Genre(s) : Humour, Aventure
Éditeur : Soleil Productions
Nombre de pages : 46
Dépot légal : 06/2009

© Soleil Productions 2009 Crisse / Crisse
Auteur de la chronique : Miss Teigne

Jason et les Argonautes ont fait escale sur l’île de Salmydessos en espérant y trouver suffisamment de provisions pour tenir jusqu’à la prochaine île. Mais une malédiction touche ses habitants, affamés par les Harpyes qui détruisent leurs champs et tuent leurs troupeaux. En échange de ravitaillements, Jason et sa troupe s’engagent à les débarrasser des créatures ailées qu’ils attirent dans une embuscade. Mais cette dernière échoue et les Boréades, Zétès et Calaïs, sont faits prisonniers. Hélas, le fief des Harpyes repose sur des nuages. Pour voler à leur secours, leurs compagnons de voyage n’ont d’autre solution que de partir en quête des chevaux ailés qui, seuls, pourront les amener jusqu’aux cieux. Qui d’autre qu’Atalante dont la célérité et la ténacité sont légendaires pourrait donc capturer les chevaux sacrés de Zeus ? Et c’est Niké, le calamiteux Pitikos, qui est chargé de la guider pour atteindre l’île des dieux qu’il semble bien connaître.

Six longues années se sont écoulées aux termes desquelles la légende d’Atalante nous revient enfin... Ce retour très attendu se fait en fanfare mais n'est pas exempt de fausses notes. Si les grandes lignes de l’histoire se tiennent, il n’en est pas de même de l’ensemble, plus proche de la farce. Atalante et ses collègues féminines sont toujours aussi girondes et telles que Crisse les affectionne (même les Harpyes sont sexy et d’une grande beauté alors qu’on ne les imagine guère ainsi) mais celui-ci pèche par excès. Ainsi, quelques personnages sont peu gâtés par la nature crissienne et l’humour se vautre dans l’outrance.

Le scénario souffre d’une légèreté qui se laissait déjà deviner dans le tome précédent. Avec le Pitikos est aussi apparue une certaine frivolité. L’humour dévastateur de la bête cornue prend ici des proportions démesurées et Crisse accumule les anachronismes, en reprenant par exemple la tirade de Buzz l’éclair ou en affligeant un personnage secondaire d'une coiffure que n'aurait pas dépréciée Marie-Antoinette. Si le découpage et les onomatopées rendent bien la vivacité des dialogues (parfois issus du langage parlé des jeunes de banlieues), l’ensemble fait trop songer aux films d’animation bourrés de références signés Pixar ou Disney, ou encore aux séries telles que Lanfeust de Troy qui collectionne les émules. Cet appel à l’humour à tout prix est fâcheux car il ne cadre pas avec les deux premiers tomes de la série qui se voulaient plus sérieux. La jeune guerrière, sur laquelle planait l’ombre dangereuse d’Héra, semble à présent ne plus courir de danger. Quant à son si mauvais caractère, il ne trouve plus guère à s’exprimer. L’épopée héroïque d’Atalante tourne malencontreusement à la bouffonnerie si ce n’est que la chute de ce quatrième tome, cruelle, tranche avec la futilité de l’ensemble.

Il reste heureusement que le dessin de Crisse est reconnaissable entre tous, qu’il s’agisse de ses héroïnes aux formes harmonieuses ou de l’art du mouvement qu’il maîtrise avec maestria. La vivacité de l’ensemble est accrue par la superposition fréquente des vignettes et des textes mais la surcharge n’est pas loin pour un graphisme qui reste toutefois plus que honorable. En revanche, quelques-uns regretteront l’aspect de certains personnages peu réussis, y compris Atalante et Jason. Le plus bel exemple de ces égarements graphiques est Andros le taureau ailé qui, malheureusement pour lui, est pourvu de sabots surdimensionnés. Pour un peu, on le croirait atteint d’éléphantiasis… Quant aux couleurs, bien que lumineuses et agréables, elles donnent un petit côté aseptisé à l'ensemble.    

Sans ce pilier qu’est le graphisme typique de Crisse, tout intérêt pour cette série aurait purement et simplement disparu tant ce dernier volet (prévu en deux tomes) n'apporte rien à l'histoire. Il est dommage que l’univers de la jeune et gracieuse amazone parte ainsi à vau-l’eau.8.1 Bouton Commandez 100-30

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Notes

Scénario :
9/20
La tragédie grecque vire à la comédie française

Dessin :
15/20
Typique de Crisse néanmoins quelques personnages ne sont pas très réussis

Couleur/N&B :
15/20
Belles et lumineuses, elles figent tout de même un peu les personnages.

Contamination :
12/20
N'apporte rien à la suite de l'histoire mais le graphisme de Crisse vaut toujours la peine

Édition :
11/20
Couverture encrée en couleurs.



Total des notes :
62%