Tombeau d'Alexandre (Le) n°1 : Le Manuscrit de Cyrène
Scénario : Dethan Isabelle
Dessin : Maffre Julien
Couleur : Maffre Julien
Genre(s) : Histoire, Aventure
Éditeur : Delcourt
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 10/2008

© Delcourt 2008 Dethan / Maffre
Auteur de la chronique : Voltaire

Nous sommes à Alexandrie en 1858 et déjà les chaleurs de l’été s’annoncent. Un groupe de 7 Français, mi-archéologues, mi-pilleurs de tombes, hantent les galeries souterraines de la ville pour retrouver le fameux tombeau d’Alexandre le Grand. On se souvient, en effet, qu’à la mort du conquérant, l’un de ses généraux, Ptolémée, prit possession du corps avant de l’emmener dans ce qui allait devenir son royaume : l’Égypte. Mais il semblerait que la ville souterraine tienne aussi de la Suisse puisque c’est un gigantesque gruyère. Pour se faciliter la tâche, deux membres du groupe décident d’aller à un rendez-vous secret où devrait leur être dévoilé un mystérieux plan d'époque sur papyrus. Ils n’en reviendront pas.

Ainsi débute l’histoire que nous conte Isabelle Dethan. On se rappelle que l’auteure a fait une partie de sa carrière, mieux, de son succès, sur l’Égypte antique avec la très remarquable série Sur les Terres d’Horus et celle plutôt destinée aux enfants, Khéti, fils du Nil. Enfin elle a déjà abordé les délices de l’archéologie au 19ème dans une série à ce jour inachevée : Le rêve de pierres. C’est donc peu dire qu’elle est rompue à ces thèmes et contextes. L’histoire qu'elle nous propose cette fois-ci est tout aussi solide que conventionnelle. On ne s’ennuie pas mais on ne s’enthousiasme guère plus.

Le dessin est à l’image, si l’on ose dire, du texte : pas désagréable mais en aucun cas bouleversant. Rien qui accroche véritablement le regard ou retienne l’attention. Le trait est nerveux, les expression réussies, mais l'encrage n'est qu'esquissé, parfois même absent des arrières-plans. Il semble que cela soit la première BD professionnelle de Julien Maffre ; dès lors, on doit reconsidérer son jugement envers un talent encore en devenir et faire preuve de mansuétude. Encore une fois, il ne s’agit pas d’un dessin mauvais, il est correct mais est encore dénué de personnalité. Tel n’est pas le cas des couleurs qui collent assez bien à l’histoire même si le parti pris a été de se tourner vers des couleurs plutôt sombres, même pour les « scènes d’extérieur ». La gamme est belle, l'application vient avec justesse et légèreté donner corps aux décors esquissés mais, comme sur le dessin, il est incontestable que l'ombre et les conseils avisés de la scénariste en la matière planent sur le travail de Julien Maffre.

L’ensemble se lit donc sans déplaisir mais ne marque pas non plus une étape essentielle dans la bande dessinée. Le deuxième tome permettra d’affiner le jugement.8.1 Bouton Commandez 100-30

>> Venez discuter de la chronique sur notre forum

Notes







Scénario :
13/20
Classique, mais sans temps mort. On ne s’ennuie pas

Dessin :
13/20
Pas mauvais mais impersonnel. Un style en devenir.

Couleur/N&B :
14/20
Adaptée aux situations mais ne rivalise pas avec les meilleurs du genre.

Contamination :
13/20
On attendra le second volume avec un plaisir non dissimulé sans avoir peur de le recommander.

Édition :
12/20
Le format laisse respirer les planches et le lecteur avec.