Dessin : Roussel Johannes
Couleur : Roussel Johannes
Genre(s) : Histoire, Aventure
Éditeur : Casterman
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 03/2010
Les Garifunas, peuple libre né d’unions entre des esclaves africains et des aborigènes caraïbes, ont pris les armes pour chasser les colons anglais de leur terre. Ainsi, ils se livrent à des actes de pirateries d’une grande précision. Une précision qui laisse à penser à l’Amirauté que l’armée de Sa Majesté abrite des espions en son sein. John Fenton, médecin enrôlé de force dans la marine anglaise, est chargé de mener l’enquête. Au même moment, alors qu’une vaste opération de déportation des Garifunas est lancée pour mettre un terme à la guérilla, disparaît un navire convoyant en dehors de l’archipel leur redoutable chef, qui a étrangement capitulé.
Les scenarii de Roger Seiter allient intrigue policière et fresque historique (Fog, Mysteries). Avec la série HMS, le scénariste ne contrevient pas à ses habitudes. Il nous propose des enquêtes au sein de la marine anglaise de la fin du XVIIIème siècle. Ici, le scénario s’enracine dans des événements historiques peu traités par ailleurs. Si l’originalité est donc de mise, la publication sous forme de diptyque n'est malheureusement pas propice au développement des personnages, peu charismatiques, et les différents cycles peuvent se lire comme autant de séries distinctes. Le tome 6 étant annoncé comme le dernier de la série, on espère au moins savoir si le docteur Fenton va pouvoir échapper à la carrière militaire.
Sur la forme, on peut souligner la fluidité du scénario. La facilité à lire ce cinquième opus le distingue de nombreuses autres séries policières.
À l'image du scénario, les dessins s'inscrivent dans la continuité de la série. Le trait demeure globalement simple et épais. Les visages sont d'ailleurs trop simples : ils demeurent figés et il est parfois difficile de faire la différence entre deux personnages. Pourquoi alors multiplier les gros plans ?
Ces petites aspérités sont atténuées par une mise en couleur d’une grande finesse. En l’espèce, les coloristes parviennent à introduire dans leurs planches de nombreuses nuances et, par suite, à restituer de très beaux jeux de lumière, par exemple lorsque le soleil se reflète sur la mer. En revanche, pour certaines cases, les arrière-plans sont d'une inspiration complètement différente, avec une touche impressionniste. Si l'effet est réussi, cela tranche nettement avec le trait réaliste du dessinateur.
Par comparaison avec les sorties actuelles, HMS maintient le cap : ce cinquième tome offre aux lecteurs, comme à l'accoutumée, une intrigue de qualité. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette série, on rappellera la sortie en avril 2009 d'une intégrale des quatre premiers tomes, en petit format, pour un prix accessible (16 € prix éditeur) ou encore le pack comprenant le tome 1 offert pour l'achat du tome 5. Et pour convaincre les plus réticents, l’éditeur a revu la maquette de la couverture. Cette nouvelle mouture met mieux en avant le thème de la piraterie et confère plus de modernité à l’objet. Dommage que cela ne soit pas intervenu plus tôt.
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