Cavalier Maure (Le)
Scénario : Lainé Jean-Marc
Dessin : Dumas Patrick A.
Couleur : Dumas Patrick A.
Genre(s) : Société, Histoire, Aventure
Éditeur : Editions Du Taupinambour
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 06/2009

© Editions Du Taupinambour 2009 Lainé / Dumas
Auteur de la chronique : Voltaire

1492. La Reconquista s’achève avec la prise de Grenade. Suleyman Ibn Al Farouk ne tient pas à passer sous obédience des Rois Très Catholiques ; il fuit alors la ville, espérant pouvoir gagner le port d’Algésiras pour quitter définitivement l’Europe. Cet album reprend donc ce périple en 7 petites histoires complètes, parues initialement dans le mensuel Pif entre 2005 et 2007.

Faire d’un Arabe un héros de BD est suffisamment rare en France pour saluer l’initiative. D’autant que si le Cavalier Maure est un cavalier intrépide et un escrimeur de talent, il ne tue pas et ne fait que blesser. On ne déplore en effet aucun mort à l’issue de l’album ; pour un album réaliste d’aventures historiques, c’est quand même une première. À maints égards, il est donc un héros encore plus positif que la moyenne de la profession. Poursuivant la tradition initiale de l’hebdomadaire communiste - car Pif dépendait bien du PCF – la nouvelle mouture du mensuel (2004-2008) chercha à promouvoir des BD d’une bonne tenue morale, ce Cavalier Maure en étant l’un des meilleurs exemples.

Le 3ème épisode, Les Brigands fait résonance avec Boule de Suif. Tout comme dans la nouvelle de Maupassant, on sollicite un paria – ici le Cavalier Maure – pour régler un problème en ne lui témoignant que du mépris en guise de remerciement. Les autres histoires sont nettement plus conventionnelles mais il se dégage de l’ensemble un sentiment d’apaisement empreint d’humanité. C’est sans doute cela le plus important. La BD semble véritablement prendre son envol avec un départ en bateau en compagnie d’un voyageur chinois et d’une jeune mère de famille… mais c’est alors la fin de l’histoire. Et c’est bien dommage que cette bande dessinée de tolérance et de compréhension n’ait pas pu se poursuivre.

Patrick Dumas au dessin nous offre ce qui est sans doute sa meilleure production, même si l’on discerne çà et là quelques raideurs ou quelques erreurs. Si le style est resté réaliste comme à l'époque des dossiers secrets de Maître Berger, il est moins engoncé et plus aéré. Les personnages, la plupart du temps, ont également des traits plus subtils et plus arrondis. Mais ce sont aussi ses couleurs qui ont gagné en intensité et en efficacité. Sa mise en couleurs est très agréable et sert fort bien l’histoire, même si elle n’a pas la finesse des maîtres de cet exercice.

Pour finir l’édition est soignée : dos toilé, papier épais et même un tiré à part ; le tout pour un prix plus que raisonnable.

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Notes

Scénario :
13/20
Une œuvre humaniste et tolérante qu’il faut saluer.

Dessin :
13/20
Dessins lisibles et agréables.

Couleur/N&B :
13/20
Sert bien l’histoire. Quelques bleus superbes.

Contamination :
11/20
Dommage qu'il s’agisse d’un album unique.

Édition :
15/20
Dos toilé, papier épais et tiré à part.



Total des notes :
65%