Fables n°1
Scénario : Willingham Bill
Dessin : Buckingham Mark
Couleur : Vozzo Daniel
Genre(s) : Fantastique, Aventure, Conte
Éditeur : Panini France S.A.
Nombre de pages : 128
Dépot légal : 11/2009

© Panini France S.A. 2009 Willingham / Buckingham
Auteur de la chronique : Mo

Les "Fables", personnages qui peuplent nos contes, ont dû immigrer clandestinement dans notre monde, chassés de leurs royaumes par l’Adversaire, un mystérieux despote. Ils vivent désormais à Fableville, une petite communauté qu’ils ont bâtie à New-York, sans que les "Communs" que nous sommes ne se doutent de leur identité. Leur société est aujourd’hui en émoi suite au crime odieux commis sur Rose-Rouge. Alerté de l’affaire par Jack (des Haricots Magiques), le shérif B. Wolf ouvre l’enquête pendant que Blanche-Neige, la sœur de la victime, entend les doléances des habitants de Fableville en sa qualité d’adjointe au Maire.

Bill Willingham a recours au polar pour jeter les bases de cet univers. Un choix assez pertinent puisqu’il permet de brosser un rapide tour d’horizon des protagonistes. Même si on identifie certains personnages immédiatement, pour d’autres il est bon d’avoir une bonne connaissance de l'univers des contes, sans quoi on ressent la désagréable impression que des coupes franches dans le scénario ont été faites. On fait rapidement le constat que de vieilles amitiés, complicités ou animosités ont pris racines chez les Fables depuis des siècles et on tâtonne parfois dans l’idée que l’on peut se faire de chacun d’eux. La lecture n’est pas saccadée pour autant, le récit démarre en douceur et les enchaînements sont fluides. Certaines orientations scénaristiques sont surprenantes, proposant des conclusions bâclées. Un début de série qui cherche son style, teste ses futurs lecteurs et s’assure un potentiel incalculable de scenarii en exploitant un riche panel de personnages légendaires. Le ton, loin d'être mièvre, reste "bon enfant". Il incite le lecteur à se plonger dans ce monde en toute bonhomie, aidé en cela par le personnage de B. Wolf (le grand méchant loup). Charismatique, intégré dans la communauté des Fables, il titille notre intérêt car rien ne nous permet de comprendre, dans ce tome, ce qui l’a rendu si docile. Il en est de même pour Blanche-Neige qui, Ô soulagement, n’est plus la potiche insupportable de Walt Disney mais une femme de pouvoir cynique et digne d’intérêt.

Plusieurs dessinateurs secondent Willingham, mais même si on s’attend à découvrir un monde de magie... ce n’est pas le cas, ou à dose réellement homéopathique (quelques visuels seulement dénotent par leur originalité). Lan Medina impose une ambiance raisonnablement aguicheuse, mais sa touche rend les personnages superficiels par moments. Le graphisme est ludique, le trait est propret, lisse et agrémenté d’une excessive colorisation numérique. L’avantage immédiat ? Le lecteur n’est pas soumis à des codes graphiques étouffants et surfe tranquillement sur la vague de son imaginaire. En en-tête de chaque chapitre, les illustrations de James Jean sont de petites perles graphiques que l’on s’empresse de picorer, tant la technicité et la profondeur tranchent avec le reste.

Cet univers fantastico-réaliste plausible donne une seconde vie à de nombreux personnages de contes classiques et n’hésite pas à se nourrir d’autres plus savoureux comme celui de Kenneth Grahame (Le vent dans les Saules). La série chamboule aussi les mièvres adaptations de Disney, ce qui lui vaut peut-être d’être publiée aux USA sous le label Vertigo, de DC Comics, réservé à des lecteurs d’âge mûr capables de savourer cette version adulte qui écorne les vaches sacrées hollywoodiennes.

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Notes

Scénario :
13/20
Une bonne connaissance des contes classiques sera précieuse.

Dessin :
11/20
Classiquement distrayant.

Couleur/N&B :
12/20
Contrastes et excès.

Contamination :
17/20
Difficile de lâcher la série une fois qu’on est lancé.

Édition :
11/20
Couverture souple. Tome complété d’un plan de Fableville en bonus.



Total des notes :
64%