Tranquille courage n°2
Scénario : Merle Olivier
Dessin : Tefenkgi Alexandre
Couleur : Tefenkgi Alexandre
Genre(s) : Histoire, Biographie, Drame
Éditeur : Bamboo
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 06/2010

© Bamboo 2010 Merle / Tefenkgi
Auteur de la chronique : Miss Teigne

Tranquille courage, c'est l'histoire vraie de deux illustres inconnus de la Seconde Guerre Mondiale qui, à force de détermination et de courage tranquille, ont tenu tête à l'Occupation.

Normandie, juin 1944. Les Américains débarquent et Weston Lennox est de ceux-là. Son avion s'écrase non loin de la ferme d'Auguste Briant et celui-ci entreprend de le cacher le temps que les troupes alliées se fraient un chemin jusqu'à eux. Pendant quelques mois qui leur paraîtront des années, l'agriculteur prendra des risques considérables pour soigner et subvenir aux besoins de l'aviateur américain, au nez et à la barbe des Allemands. Recherché activement, Weston commence sérieusement à s'impatienter tandis que l'étau se resserre autour des troupes allemandes...

Rares sont les thèmes aussi exploités que le sont encore ceux de la Seconde Guerre Mondiale et de l'Occupation, lesquels donnent lieu à un vivier de publications diverses. Les documentaires, qu'ils soient télévisés ou écrits, ne se comptent plus tandis que la littérature regorge d'ouvrages inoubliables tels Si c'est un homme (Primo Levy), Être sans destin (Imre Kertesz),... ou encore d'œuvres polémiques comme Les Bienveillantes (Jonathan Little). La bande dessinée n'est pas en reste avec les superbes diptyques de J.P. Gibrat (Le vol du corbeau, Le sursis) ainsi que les plus récents Il était une fois en France et Auschwitz par Pascal Croci (confondant et terrible de réalisme). Et voici Bamboo qui, par le biais de sa collection Grand Angle, publie le second tome de ce diptyque inspiré de faits réels. Malheureusement, s'il a le mérite de mettre en lumière des héros discrets trop peu honorés jusqu'ici et de rendre ainsi hommage à ceux qui ont oeuvré dans l'ombre durant le conflit armé, il est loin de posséder toutes les qualités des albums précités.

Le découpage d'Olivier Merle est efficace et l'histoire ne manque pas non plus de crédibilité (d'autant qu'elle relève presque du témoignage) mais un problème de taille se pose à la lecture des dialogues et récitatifs. On peut relever de nombreuses maladresses dans la rédaction, plus marquées dans ce second tome ; maladresses déplorables qui frisent même le ridicule. D'abord, le narrateur n'adopte pas le même langage que dans le premier tome, moins "rural". Ensuite, l'idée qu'un Américain ne parlant pas un traître mot de français commence sa lettre par Dear Emma et continue sa missive dans la langue de Voltaire manque de sérieux. C'est sans parler des conversations en allemand ou en anglais qui passent au français sans crier gare. Il eut mieux valu spécifier les textes traduits en français en italique ou ajouter une traduction en bas de page plutôt que de jongler de la sorte.

Le dessin et les couleurs d'Alexandre Tefenkgi collent bien avec l'histoire. Et même si le graphisme est un poil irrégulier par moments, il réserve tout de même quelques belles images, comme celle de ce champ survolé de très près par les avions vrombissants dans le soleil couchant. Les couleurs tirent sur le jaune, sur le vert des prairies et l'orangé tandis que quelques planches, illustrant les scènes de nuit, voient leur bordure et entre-deux cases teintés de noir. Les physionomies de Weston Lennox et d'Auguste Briant s'inspirent de leurs photos d'identité respectives et on constate que Tefengki n'a pas gâté l'Américain puisqu'il l'a affublé d'une casquette capillaire (un képi aurait été plus de circonstance) plutôt insolite mais seyante.

Le second tome, tout comme le premier, est augmenté de croquis mais aussi d'un historique des événements tels qu'ils ont réellement eu lieu. En dépit de ses maladresses, ce diptyque se laisse lire, d'autant plus qu'il s'agit en quelque sorte d'un récit de vie.

>> Venez discuter de la chronique sur notre forum

Notes

Scénario :
12/20
Bonne histoire mais l'allemand, le français et l'anglais se mélangent maladroitement. A quand l'espéranto dans la BD ?

Dessin :
14/20
Irrégulier par moments, il réserve quelques belles images.

Couleur/N&B :
14/20
Les couleurs un peu vieillies servent bien un récit à la fois dramatique et bucolique.

Contamination :
13/20
Une histoire comme on en écrit beaucoup, mais tout récit de vie mérite d'être lu...

Édition :
13/20
Croquis, documents d'époque et fiche historique viennent augmenter les planches.



Total des notes :
66%