Dessin : Gomes François
Couleur : Stambecco Bruno
Genre(s) : Médiéval fantastique
Éditeur : Soleil Productions
Nombre de pages : 46
Dépot légal : 04/2008
Sadwin, roi Nain sanguinaire, ambitionne de reconquérir son royaume envahi par Balrek et ses Gobolds. La seule manière pour lui d’y parvenir est de mettre la main sur l’ossuaire de Yarlig afin d’hériter de la puissance du mage disparu. Mais Laam, demi-Elfe perfide et Frozen, l’Ogre dépressif et alcoolique suivent eux aussi la piste de la sainte relique.
Il apparaît de plus en plus difficile de construire un scénario d’heroic-fantasy en évitant les poncifs. Les scénaristes Jean Luc Istin « le productif » (Aleph, Merlin, Muowang, Les Druides, les Brumes d'Asceltis, etc...) et Nicolas Pona semblent eux aussi confrontés à la difficulté de renouvellement du genre.
Dès les premières cases, la quête est bien rythmée et cohérente. Pour un album de présentation, l'histoire reste sans grande originalité, mais devrait suffire malgré tout à susciter auprès des lecteurs un certain intérêt. Malheureusement, il faut bien le reconnaître, nos trois héros traînent derrière eux comme un arrière-goût de recyclage. Le roi déchu Sadwin par exemple, nain béliqueux et brutal, semble tout droit sorti de l'univers de Tolkien. Alors, choix délibéré et imposé des scénaristes, inspiration malheureuse du dessinateur ou similitudes fortuites ? On peut se poser la question.
En outre, quelques facilités dans les dialogues et un humour pas toujours de première fraîcheur auraient pu facilement être évités. Mais la surprise viendra peut-être des « seconds rôles » entraînés de gré ou de force dans cette aventure et qui laissent entrevoir un peu d’originalité. Peut-être seront-ils plus utilisés par la suite pour apporter un peu de piment à la sauce.
Le dessinateur François Gomès (Contes du Korrigan), quant à lui, maîtrise avec aisance l’univers auquel il est confronté. Certes, certains personnages de second plan pour le moins caricaturaux auraient mérité un peu plus de considération, mais ça n’a que peu d’importance en définitive. Les extérieurs détaillés, les personnages secondaires originaux, les plans panoramiques travaillés restituent parfaitement les ambiances liées à ce type d’ouvrage.
Pour la couleur, Stambecco apporte sa connaissance parfaite de ce genre d’exercice en alternant avec bonheur, mais sans grande surprise, pastels et couleurs sombres.
Voici donc un nouvel album d’heroic-fantasy dans la lignée de beaucoup d’autres. Si la balade sur les Terres de Sienn est en définitive agréable, elle n’en reste pas moins bien ordinaire pour le moment. À l’attention d’un public bien ciblé, je cours donc de ce pas le mettre dans les mains de mon ado de neveu.
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