Arcane Majeur n°5 : Lady Luck
Scénario : Pécau Jean-Pierre
Dessin : Damien
Couleur : Tenderini Emanuele
Genre(s) : Fantastique, Action
Éditeur : Delcourt
Nombre de pages : 56
Dépot légal : 02/2008

© Delcourt 2008 Pécau / Damien
Auteur de la chronique : Harpye

L'intrigue d'Arcane majeur met en scène la jeune et puissante "joueuse" Pandora. En ce début des années 60 et après diverses aventures de nature plus politique, la jeune fille continue à user sans aucun complexe des arcanes, ces cartes qui ont le pouvoir de modifier le hasard, pour piller les casinos.

Dans la veine des tomes précédents, J.-P. Pécau (Nash) continue à mêler le vrai et le faux, la grande histoire et la petite, en construisant cette fois-ci son scénario autour de la fondation mafieuse de Las Vegas et du lancement en 1946 d'un des premiers hôtels-casinos, le Flamingo. Mais le récit dérive vite sur une intrigue plus anecdotique, à laquelle va être mêlée l'impétueuse Pandora.

Beaucoup plus léger que les précédents, même si le chemin reste parsemé de quelques morts, cet album peut se lire pour lui-même, sans être familier de l'univers construit par J.-P. Pécau. Et c'est un plus, si l'on considère les lourdeurs que confèrent à la série-mère Arcanes les multiples références aux séries dérivées que sont L'Histoire secrète et Arcane majeur, dont les récits respectifs se déroulent antérieurement. Mais que faire du clin d'œil au chanteur country Johnny Cash et, surtout, de la rencontre furtive avec l'écrivain Jack Kerouac ? Quel sens apporter à ce passage ? On est pour le moins perplexe.
Plus léger donc, ce récit est aussi bien mené. Les événements s'enchaînent sans temps mort, et l'ensemble est divertissant et facile à suivre. Mais si vous espériez en apprendre plus sur Pandora ou les arcanes, il faudra repasser. En même temps, on avait déjà été bien servis dans les tomes antérieurs, le scénariste peut s'autoriser une petite pause dans les révélations, non ?

Le problème se situe surtout au niveau du dessin. Le trait de Damien (Les Fées noires) n'est pas toujours très gracieux, et il est surtout assez irrégulier en terme de qualité et peu varié (beaucoup de personnages masculins se ressemblent). Les décors, plutôt détaillés, sont mieux réussis. E. Tenderini, qui se charge à présent des couleurs, relève l'ensemble de façon agréable. La palette est vive, nuancée, et la mise en lumière particulièrement plaisante.

Avec un scénario dont l'intérêt est en-dessous des précédents, on est donc en droit d'être un peu déçu. Malgré tout, cet album se déguste comme un bon film du dimanche soir, sans prise de tête.

>> Venez discuter de la chronique sur notre forum

Notes







Scénario :
13/20
Plus léger et moins complexe que les tomes précédents, il est aussi relativement détaché de la trame de fond de la série, ce qui pourra séduire autant que rebuter le lecteur.

Dessin :
11/20
Irrégulier, traits des personnages peu variés, on attendait une progression.

Couleur/N&B :
14/20
Vives ou sépia, elles sont agrémentées d'une mise en lumière travaillée et plaisante.

Contamination :
12/20
Cet album est divertissant mais son absence de révélations ne relance pas l'intérêt global que l'on porte à la série.

Édition :
12/20
54 planches pour 12,90 €, pas si mal.