Ordre des Dragons (L') n°1 : La Lance
Scénario : Istin Jean-Luc
Dessin : Rodier Denis
Couleur : Jacquemoire Elodie
Genre(s) : Ésotérisme
Éditeur : Soleil Productions
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 04/2008

© Soleil Productions 2008 Istin / Rodier
Auteur de la chronique : Moun

Berlin - mai 1933.
La propagande anti-juifs orchestrée par Goebbels se répand inexorablement sur l’Allemagne.
Mais si la soif de pouvoir d’Hitler n’était qu’une petite partie d’un projet plus ambitieux orchestré par une puissante organisation secrète ? C’est ce que révèle l’ethnologue Elie Strauss dans la lettre qu’il a laissée à sa jeune amie Eva Wilson avant d’être assassiné. Guidée par de maigres indices, elle devra poursuivre seule les recherches concernant la lutte qui oppose deux ordres mystérieux et faire la lumière sur les vérités cachées de ce monde.

Jean-Luc Istin (Aleph, Merlin, Muowang, Les Druides, les Brumes d'Asceltis, etc...) a eu la main un peu lourde pour ce premier album d’une série qui devrait en compter 3. La complexité du scénario nécessite inévitablement quelques retours en arrière dans la lecture afin de ne pas perdre le fil de l’histoire. Force est donc de constater que si Eva semble un peu perdue, le lecteur risque malheureusement de l’être tout autant, quitte à lâcher prise en cours de route. Mais pour ceux qui poursuivraient, l’aventure s’avère alléchante. Mêlant judicieusement personnages et faits réels ou fictifs, l’intrigue s’avère séduisante malgré les passages où l’on doit « subir » les interminables pensées d’Eva.

La bonne surprise vient de Denis Rodier (Superman, Captain America) qui fait ici une jolie infidélité aux comics américains. La justesse du trait nous offre des scènes d’extérieurs et des ambiances d’intérieurs du plus bel effet, le tout enrichi par des angles de vue variés nous immergeant encore un peu plus dans l’intrigue de cette histoire. Hormis quelques ombrages hasardeux, des irrégularités et des imperfections de visages qui auraient sans doute pu être évitées, l’essai est malgré tout concluant.

Côté colorisation, Elodie Jacquemoire, par la sobriété de ses couleurs sombres, entretient avec justesse l’ambiance pesante de ce Berlin des années 30. Malheureusement, alors que l’ensemble est de très bonne facture, on ne peut s’empêcher d’être déçu par la pauvreté du « paradis » découvert par Eva. Mais pour ceux qui auraient vu l'encrage de cette planche, la faute n'en incombe pas a Rodier mais plutôt à une colorisation trop foncée qui altère les détails et le travail de minutie du dessinateur.

En conséquence, pour peu que l’on s’arme de patience et dès lors que l’on arrive à passer les premières difficultés, on appréciera à n’en pas douter l’univers de L’Ordre des Dragons.
Et pour celles et ceux qui voudraient pousser plus avant leurs recherches et parfaire leurs connaissances sur le sujet, le site sur la série s’avère être un parfait complément.

>> Venez discuter de la chronique sur notre forum

Notes







Scénario :
13/20
Ca passe ou ça casse. Mais si ça passe, le plaisir est au rendez-vous.

Dessin :
15/20
Certes, tout n’est pas parfait, mais l’essai est concluant.

Couleur/N&B :
14/20
Elle apporte incontestablement sa pierre à l’édifice.

Contamination :
12/20
L'abondance d'informations ne nous laissera pas le choix : une relecture s’avèrera nécessaire lors de la sortie du tome 2. De plus, la complexité du scénario refroidira probablement les plus jeunes.

Édition :
11/20
Les 48 pages de rigueur.