Lautremer n°1 : La société socrate
Scénario : Leclercq Yves
Dessin : Heurteau Stéphane
Couleur : Heurteau Stéphane
Genre(s) : Histoire, Ésotérisme
Éditeur : Casterman
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 01/2008

© Casterman 2008 Leclercq / Heurteau
Auteur de la chronique : Moun

Nous sommes au début des années 30. Sur son lit de mort, un père confesse à sa fille que sa femme et lui ne sont pas ses vrais parents. Vingt ans auparavant, un homme l’a abandonnée sur cette petite île au large de l’Irlande. Malgré les mises en garde de sa mère adoptive, Marcia se met en quête de ses origines avec pour seuls indices une bourse contenant des pièces anciennes et le nom de l’embarcation qui l'a conduite sur l’île où elle a grandi, « La Dulcibella ». Marcia se lance donc sur les traces de celui qu’elle pense être son père, entraînant dans son sillage les membres d’une loge secrète et des militaires allemands prêts à tout pour arriver à leurs fins.

Yves Leclercq (Twins, La nuit du lièvre, Conquistador…) nous plonge une nouvelle fois (c'est à la mode en ce moment) dans un imbroglio historico-ésotérique mélangeant sociétés secrètes et quête de toute-puissance, personnages réels et imaginaires. Nous voici donc repartis pour un tour en compagnie d’une belle héroïne afin de tenter de démêler avec elle un écheveau pour le moins emberlificoté. Malheureusement, le challenge est de taille et l’on se retrouve rapidement submergé par le nombre de pistes à suivre sans trop bien comprendre où tout cela va bien pouvoir nous mener. Mais il convient de constater malgré tout que l’action est bien présente dans ce premier album de la série, ce qui, au bout du compte, compense en partie le manque de clarté.

Si je devais m’arrêter à la simple couverture pour guider mon choix lors de l’achat d’une BD, nul doute que celle-ci ne garnirait pas ma bibliothèque à ce jour. C’est à croire  que Stéphane Heurteau ( L’Ankou, Winston Hoggart… ) manquait singulièrement de matière, voire d’inspiration, pour nous imposer cette réalisation « passe-partout » (« passe nulle-part » devrais-je plutôt dire). Et c’est bien dommage quand il nous propose tout au long de l’album de superbes scènes d’ambiance marine habilement aquarellées contrastant remarquablement avec la noirceur du récit. À l’inverse, certains des personnages, par leurs physiques inégaux et changeants, presque disgracieux, détonnent particulièrement avec l’univers réaliste de l’album. Pour finir, on aura noté l’alternance bienvenue des cadres noirs et blancs de certaines planches facilitant la lecture lors de retours dans le passé.

Donc, et même si l’ensemble demeure convenable, l’impression globale reste pour le moins très mitigée. Mais comme le disait si bien Pierre-Gilles de Gennes : « C'est l'inconnu qui m'attire. Quand je vois un écheveau bien enchevêtré, je me dis qu'il serait bien de trouver un fil conducteur ». Il n'y a plus qu'à espérer.

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Notes







Scénario :
12/20
On ne sait pas trop où l’on va. Donc dans le doute...

Dessin :
13/20
Agréable et plaisant malgré quelques anomalies.

Couleur/N&B :
14/20
Elles servent brillamment l’histoire et le dessin.

Contamination :
12/20
Pour adultes et grands adolescents curieux.

Édition :
11/20
Comme de nombreux autres.