Amours Blessantes
Scénario : Nananan Kiriko
Dessin : Nananan Kiriko
Couleur : Nananan Kiriko
Genre(s) : Société, Romance, Drame
Éditeur : Casterman
Nombre de pages : 204
Dépot légal : 02/2008

© Casterman 2008 Nananan / Nananan
Auteur de la chronique : Kaoru

D'un amour brisé, il nous reste parfois le souvenir d'une odeur, d'un contact, madeleine à la saveur aigre-douce. La relation présente, elle, nous confronte dans le meilleur des cas, au jugement des autres, ou, pire, au souvenir d'un autre, aimé ou désiré. Sans parler de l'avenir et de ses incertitudes.

Sur de telles bases, Kiriko Nananan (Blue, Everyday, Strawbery Shortcakes) nous décrit en 23 courtes histoires le quotidien de jeunes adultes, confrontés aux difficultés de la vie amoureuse et sexuelle. Et qui subissent, s'interrogent sur ses implications morales (prostitution occasionnelle) et humaines (perdre une amie pour gagner un amour ?), mais aussi sur ces sentiments troubles dont ils ne savent que faire.

Si le dessin de l'auteur se prête bien à ce genre, ciselant les contours d'un trait fin dans les moments intimes, ou au contraire plus épais dans les passages moins personnels, usant de cadrages serrés et de décors dépouillés, force est de constater que l'ouvrage reste difficile d'accès. Le format court des histoires, traitées sur 6 à 8 pages en moyenne, demande au lecteur un effort pour bien cerner les personnalités, effort accru par le manque de caractérisation des visages et la réapparition de certains protagonistes. L'absence de couleurs n'est d'aucune gène, et l'utilisation parcimonieuse des trames met en valeur le dessin de Kiriko Nananan.

Au final, une œuvre intéressante, pour qui aura la patience de s'y plonger, et que l'on pourra aborder par petites touches, histoires courtes aidant. Pour les autres, passez votre chemin, et/ou tournez-vous vers les autres œuvres de l'auteur, bien plus accessibles.

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Notes







Scénario :
13/20
L'auteur aborde des situations variées, mais le format court nécessite un travail de la part du lecteur. Le jeu en vaut toutefois la chandelle.

Dessin :
14/20
Des visages parfois trop similaires. Pour le reste, un plaisir pour les yeux, en parfaite adéquation avec le récit.

Couleur/N&B :
14/20
Noir & blanc intégral, soutenu par de rares trames. Juste ce qu'il faut pour mettre en valeur le trait.

Contamination :
12/20
Pour peu qu'on accroche, on y reviendra à l'occasion (d'un coup de blues ?). Sinon, mieux vaut passer son chemin.

Édition :
13/20
12€ pour 296 pages, belle couverture avec glaçage sélectif. On saluera l'initiative de l'éditeur de publier une œuvre aussi spéciale et un peu élitiste dans son traitement.