Sept Cavaliers n°1 : Le margrave héréditaire
Scénario : Terpant Jacques
Dessin : Terpant Jacques
Couleur : Terpant Jacques
Genre(s) : Fantastique, Adaptation
Éditeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 48
Dépot légal : 05/2008

© Robert Laffont 2008 Terpant / Terpant
Auteur de la chronique : Moun

L'histoire se déroule dans un monde semblable au nôtre, à une époque qui fait penser à la Prusse de la révolution industrielle. Coupée du monde, désertée par ses habitants, la ville se meurt inéluctablement. Entouré de ses derniers fidèles, le Magrave Welf III assiste impuissant à la fin de l’empire. Mandaté par son souverain, le colonel major Silve de Pikkendorff recrute six cavaliers et quitte la ville afin de faire la lumière sur ces événements et rechercher Myriam, la fille de son souverain.

Pour ses débuts au scénario, Jacques Terpant (Pirates…) nous livre une adaptation fort réussie de l’œuvre de Jean Raspail. Tirant parti des lenteurs communes à bon nombre de premiers albums de série, il a su avec justesse et pertinence retranscrire l’atmosphère pesante de cette « fin de monde ». S’appuyant sur le texte original, Terpant ajoute sa touche personnelle et efficace par des dialogues précis allant à l'essentiel. Mais même si l’ensemble fonctionne à merveille, on aurait aimé malgré tout en savoir un petit peu plus sur les intentions réelles de cette expédition, ne sachant pas précisément où nous entraînent ces « Sept Cavaliers ». Peut-être aurait-il fallu pour cela abréger la litanie poétique mais néanmoins fastidieuse des dernières pages consacrée aux lions de mer.

Côté dessin, bien que les personnages restent parfaitement identifiables et réguliers tout au long de l’album, le manque d’expressions voire de détails de certains visages les enferment bien trop souvent dans des attitudes figées ou des postures peu académiques. De plus, une mise en couleur trop peu variée, alternant entre blafard et cuivrée, associée à des jeux d’ombres par trop appuyés, amplifient encore un peu plus ces imperfections.
Toutefois, il faut bien reconnaître que l’ensemble demeure d’excellente facture et bénéficie de la justesse du trait de Jacques Terpant : la ville et ses bâtiments détaillés, les intérieurs travaillés contrastent remarquablement avec les paysages neigeux et dépouillés ou les falaises du bord de mer. Une véritable invitation au voyage superbement enluminée qui compense grandement le manque d’action de ce 1er tome.

C’est donc une première réussie qui parvient à nous mettre l’eau à la bouche. Il faudra attendre patiemment la suite de cette épopée pour éclaircir les zones d’ombres. À moins que les plus impatients d'entre nous ne choisissent la solution de facilité et se jettent sur le roman de Jean Raspail. Mais ce serait dommage… ou alors à titre de comparaison, mais une fois la série terminée.

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Notes







Scénario :
15/20
Une partie de la note pour l’œuvre de Jean Raspail et l’autre pour le travail d’adaptation de Jacques Terpant. C’est mérité !

Dessin :
14/20
Des décors à faire pâlir de jalousie Roger Harth.

Couleur/N&B :
15/20
Lourdes et justes, comme l’ambiance.

Contamination :
14/20
À prêter sans retenue (mais il faudra me le rendre !). Excellent compromis entre littérature et BD pour ceux qui voudraient s’initier à l’une ou l’autre

Édition :
11/20
Juste de quoi faire chuter une moyenne qui s’annonçait prometteuse. Bien dommage.