Dessin : Fourquemin Xavier
Couleur : Smulkowski Scarlett
Genre(s) : Fantastique, Magie
Éditeur : Le Lombard
Nombre de pages : 56
Dépot légal : 06/2008
Dans le folklore européen, un "changeling" est un leurre laissé par les fées à la place d'un nouveau-né humain qu'elles ont enlevé. Il peut s'agir d'un simple morceau de bois ou même d'une pierre, enchantés pour cacher leur véritable nature aux hommes, ou encore d'un enfant de fée.
Âgé de quelques jours à peine et confié à la surveillance hasardeuse de sa jeune sœur Sheela, Peter disparaît. Sa mère supplie les fées de lui rendre son enfant et effectivement, un nouveau-né est déposé devant la porte de la maison. Mais ce n'est pas Peter que les fées ont rendu... Adopté malgré tout, Scrubby grandit et il rencontre le vieux Merlin dans le bois interdit. À ses côtés, il va être initié à l'amour et à la magie de la nature qu'il porte déjà en lui. Mais cet état de grâce ne dure qu'un temps, et il part avec sa famille rejoindre les faubourgs d'un Londres en pleine révolution industrielle où du travail et une vie meilleure leur semblent promis...
Pierre Dubois, le célèbre "elficologue" spécialiste du folklore celtique, est réputé pour ses talents de conteur et la poésie qu'il sait insuffler à ses évocations du "petit peuple". Hélas, dans ce récit, les moments où la magie affleure sont bien rares et l'ambiance générale tire plutôt vers le sombre. La façon dont il fait étalage de son immense savoir est un peu poussive, et l'on regrette qu'un certain nombre de choses soient si ostensiblement montrées plutôt que suggérées. D'autant que le trait de Xavier Fourquemin ne se prête que très peu à l'évocation des créatures merveilleuses. Quant au personnage principal, Scrubby, il est très difficile à cerner. Il semble à la fois naïf, innocent, se laissant porter par la vie sans trop se poser de questions, et il tient pourtant parfois des propos étonnamment adultes et distanciés. Difficile de s'attacher à lui et de comprendre ce que l'auteur compte en faire.
Xavier Fourquemin, peu gracieux dans sa représentation du merveilleux, est en revanche parfaitement à l'aise pour représenter le sordide et la misère des quartiers populaires du vieux Londres, et on retrouve dans les différentes scènes qui s'y déroulent l'ambiance que l'on avait appréciée dans le remarqué Miss Endicott. Mais si on retrouve ses qualités, on retrouve aussi ses défauts : un encrage un peu décevant parfois, des personnages qui se ressemblent beaucoup trop et arborent un air hautain plutôt antipathique. De plus, l'âge des enfants, pourtant très présents dans ce tome, est assez indéfinissable compte-tenu de leurs étranges proportions... La mise en couleurs, loin d'être mauvaise, ne parvient pas à insuffler la magie et le charme qui font défaut au trait de Fourquemin. Les amoureux de son style le retrouveront donc avec plaisir, mais les autres resteront agacés et auront du mal à être transportés.
En conclusion, il manque à cet album le souffle de magie que l'on en attendait, et on ne sait absolument pas où Pierre Dubois compte nous emmener.
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