Dessin : Arinouchkine Andreï
Couleur : Arinouchkine Andreï
Genre(s) : Médiéval fantastique, Aventure
Éditeur : Daniel Maghen
Nombre de pages : 87
Dépot légal : 06/2008
Alors que les terres prospères des Slivens sont attaquées par les Norwegs, peuple venu de la mer, un enfant sliven naît dans des circonstances peu ordinaires. Vingt ans plus tard, cet enfant, Ewen, est devenu une légende. Surnommé "le frère du Dragon", il sème la mort au sein des troupes norwegs. Mais alors qu'il a perdu tous ses guerriers, le jeune homme est sauvé par Alis, une devineresse, et son parrain Budoc le fou, qui a sauvé ce même jour un Norweg, Riwall. Guidé par les visions d'Alis, Ewen va partir avec cette étrange équipée affronter son destin qui semble tout tracé.
Le scénario imaginé par Tiburce Oger semble d'une grande simplicité, mais force est de constater que pour une fois on s'éloigne des poncifs. Les quatre personnages principaux sont tous intéressants et surtout atypiques, en particulier Ewen. Rarement un "héros" aura été si dur et si antipathique, et c'est ce qui suscite l'intérêt. Alors même s'il ne se passe pas énormément de choses dans ce premier opus, il faut avouer que l'histoire est plutôt prenante, et l'ambiance nourrie de mythes nordiques est particulièrement réussie.
Les talents de dessinateur d'Arinouchkine donnent corps à ce récit avec justesse. Chaque case de cette fresque médiévale fantastique est un petit tableau, l'immersion est totale. Néanmoins, ce monde semble plonger ses racines dans l'imaginaire Tolkiennien, peut-être même un peu trop, certaines armures faisant furieusement penser à celles du Gondor par exemple. Si les décors extérieurs sont détaillés et d'un grand réalisme, les quelques décors d'intérieurs sont beaucoup plus fades. Les multiples cadrages cinématographiques donnent de la profondeur et une certaine dynamique aux différentes scènes. Les personnages sont bien identifiés visuellement, quoiqu'un peu lisses, et la plupart des émotions sont bien rendues, sauf peut-être pour le héros qui semble un peu trop crispé par moment (mais on comprend vite que ce n'est pas un joyeux drille de toute façon).
L'ensemble est sublimé par de superbes couleurs directes, rappelant parfois un peu le travail d'Alan Lee. Le mélange des différentes techniques est original et rajoute au charme graphique de l'ensemble, alors même qu'elles sont parfois indéfinissables : aquarelle, pastels, aérographe, rehauts de peinture ? Les chanceux acquéreurs des originaux à la galerie de l'éditeur sauront sûrement lever le mystère, toujours est-il que le grain flou du rendu nous immerge autant que le dessin dans un monde presque éthéré, irréel. Si bien qu'on a l'impression d'être une divinité en train d'observer de haut ce petit monde grouillant.
Franchement sceptique avant de lire l'album, j'avoue avoir été plutôt conquis malgré un récit peu dense et le manque de dialogues. Ça se lit vite, mais on a envie d'y revenir. Les 32 pages de bonus sont somptueuses. Une bonne surprise.
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